Alors que le Paris Saint-Germain a connu une intersaison mouvementée sur le plan des transferts, le cas Gianluigi Donnarumma fait couler beaucoup d’encre. À moins d’une semaine de la clôture du mercato estival 2025, l’avenir du portier italien reste encore flou… Et c’est désormais Christophe Dugarry qui s’insurge. Le champion du monde 1998 fustige la manière dont le PSG traite son gardien numéro un, tout juste auréolé d’un titre historique en Ligue des champions.
Donnarumma sur le départ : l’ombre de Chevalier plane
Arrivé en 2021, Gianluigi Donnarumma a traversé des hauts et des bas dans la capitale, mais reste l’un des artisans majeurs du sacre en Ligue des champions 2025, avec notamment une performance décisive en demi-finale contre le Bayern Munich. Pourtant, malgré son importance dans l’effectif et son attachement au club (manifesté publiquement à plusieurs reprises), la tendance est à un départ.
Manchester City, en pleine réflexion sur le remplacement d’Ederson (en partance pour Galatasaray), a initié des discussions concrètes avec le joueur et son entourage. Selon les informations de L’Équipe et de Fabrizio Romano, un accord de principe existerait déjà avec l’Italien, et les Citizens n’attendent plus que le feu vert final pour activer une offre comprise entre 30 et 35 millions d’euros, loin des 50 millions initialement exigés par Paris.
Qu’est-ce qui pousse le PSG à tourner la page aussi rapidement ? Le recrutement du jeune Lucas Chevalier en provenance de Lille semble être une pièce centrale du puzzle. Grand espoir du football français, excellent au jeu au pied et formé dans une philosophie proche de celle prônée par Luis Enrique, Chevalier coche toutes les cases du projet parisien version 2025 : intensité, jeunesse, relance courte.
Dugarry sort les griffes : « Où est l’humain dans ce club ? »
Sur les ondes de RMC, Christophe Dugarry n’a pas mâché ses mots. « Quand je vois l’attitude du club pour ce gardien… moi je suis choqué », a-t-il déclaré en direct, illustrant un ras-le-bol face à une logique qu’il estime purement technique et dépourvue d’empathie. « On parle d’un joueur qui a gagné la Ligue des champions, qui a prouvé son amour pour le club… et on l’écarte comme ça ? » s’interroge-t-il, amer.
Ce que dénonce Dugarry avant tout, ce n’est pas tant la volonté d’envisager un changement – après tout, les choix techniques sont l’apanage des entraîneurs – mais le manque de considération pour un joueur qui a **incarné le PSG version post-Mbappé** et servi de pilier dans une année 2024-2025 couronnée de succès.
En ligne de mire : Luis Enrique. Le coach espagnol, fidèle à ses principes de relance basse et de pressing structuré, privilégierait un gardien plus à l’aise dans le jeu au pied. Chevalier, dans ce registre, offre plus de garanties. Mais Dugarry reste sceptique : « Apparemment il a de meilleurs pieds… j’espère seulement qu’il sera aussi bon sur la ligne. Ce qui, pour l’instant, est loin d’être le cas », a-t-il ajouté avec un brin d’ironie évidente.
Un choix stratégique… ou un pari risqué ?
La décision d’installer Chevalier comme numéro un relève d’un choix fort, cohérent avec la philosophie de jeu de Luis Enrique. Le PSG semble vouloir façonner un nouveau cycle autour de jeunes talents à fort potentiel évolutif. Mais cette transition comporte des risques : remplacer un gardien expérimenté et victorieux par un jeune qui n’a pas encore affronté la pression constante du très haut niveau peut se retourner contre le club en cas de contre-performance.
De plus, le timing est délicat. À quelques jours de la fin du mercato, une éventuelle vente de Donnarumma oblige le PSG à prendre des décisions rapides, sans filet de sécurité. Si Chevalier vacille, aucune alternative de haut niveau ne semble déjà prête à prendre le relais. Et cette stratégie pourrait laisser un arrière-goût amer, surtout après les critiques sur le « manque d’humanité » de la direction.
Finalement, ce dossier met en lumière les évolutions d’un club tourné vers l’efficacité immédiate, mais dont la gestion des hommes, selon certains observateurs comme Dugarry, mérite davantage de finesse. Reste à voir si Lucas Chevalier saura transformer cette décision audacieuse… en triomphe.