PSG – OM au Koweït : le Trophée des Champions s’exporte sous les pétrodollars

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par Maxime Nauzit

Le Classique du football français, PSG – OM, s’exporte pour la première fois au Koweït dans le cadre du Trophée des Champions 2025, officiellement programmé le 8 janvier 2026. Un pari audacieux de la Ligue de Football Professionnel (LFP) qui s’inscrit dans une stratégie internationale offensive. Décryptage d’un événement à forts enjeux économiques, sportifs et médiatiques.

Une stratégie d’internationalisation bien rodée

Depuis plus de dix ans, la LFP multiplie les initiatives pour faire rayonner ses compétitions au-delà de l’Hexagone. Le Trophée des Champions, qui oppose le champion de Ligue 1 au vainqueur de la Coupe de France (ou au dauphin en cas de doublé), a déjà fait escale en Chine, en Israël, au Maroc ou encore aux États-Unis. En 2026, c’est le Koweït qui décroche la timbale avec la tenue du choc PSG – OM au stade Jaber Al-Ahmad (58 000 places).

Cette décision répond à une logique de valorisation de la Ligue 1 sur des marchés émergents de passionnés de football. La rivalité PSG – OM, la plus emblématique du championnat français, constitue une superbe vitrine pour séduire les diffuseurs étrangers, les sponsors et les investisseurs potentiels.

Le Koweït mise gros sur le prestige du Classique

Selon L’Équipe, la Fédération koweïtienne a investi 3,5 millions d’euros, hors frais annexes, pour obtenir l’accueil du Trophée des Champions. Ce montant record surpasse les propositions de la Côte d’Ivoire et d’Oman, également intéressées par l’organisation. L’implication de TB Consulting (France) et d’une agence suisse a facilité la structuration du dossier.

Cet investissement s’inscrit dans une logique double pour le Koweït : d’un côté, renforcer sa diplomatie sportive dans le Golfe persique, et de l’autre, capitaliser sur la visibilité internationale d’un PSG – OM. Le football devient ici un levier d’image, de rayonnement culturel et d’attractivité touristique.

Une LFP ravie… mais des supporters dubitatifs

Pour la LFP, l’opération est un jackpot. Les recettes directes (versement financier, droits TV, sponsoring) viennent gonfler ses revenus alors que les discussions autour d’une nouvelle commercialisation des droits de la Ligue 1 à l’international sont toujours en cours. L’exposition médiatique offerte par un match international booste la marque « Ligue 1 », avec l’objectif de tendre vers un modèle de type Supercoupe d’Espagne (jouée régulièrement en Arabie saoudite).

Mais ce choix suscite aussi des réserves. Privés d’un match traditionnellement organisé sur le sol français, de nombreux supporters dénoncent un football qui « oublie son essence populaire ». Les ultras du PSG et de l’OM, souvent mobilisés lors des précédentes éditions disputées à Lyon ou à Montpellier, risquent d’être absents des tribunes du stade Jaber Al-Ahmad. Un manque à gagner en termes d’ambiance et d’authenticité.

Quel impact pour le PSG et l’OM dans la saison ?

Sur le plan sportif, la date du 8 janvier 2026 tombe en pleine phase de reprise post-trêve hivernale. Pour Luis Enrique et son staff, il s’agira de reconditionner ses hommes rapidement après les vacances, alors que les Parisiens entameront le sprint de la Ligue des Champions et la phase décisive de Ligue 1. L’OM, désormais sous les ordres de Roberto De Zerbi, y verra également une répétition générale avant les joutes européennes, pour peu que les Marseillais y soient qualifiés.

Entre chaleur du Moyen‑Orient, enjeux médiatiques et course au prestige, ce Trophée des Champions 2025 s’annonce comme bien plus qu’un simple match de gala. Il incarne la transformation accélérée du football français dans l’ère business-globalisée. PSG – OM au Koweït ? Un tournant géopolitique autant qu’un coup de maître économique.

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