La voix brésilienne du Paris Saint-Germain s’est exprimée. Discret dans les médias depuis son départ du club en 2022, Leonardo a réapparu sur les ondes de RMC lors d’une édition spéciale de l’After Foot à Milan. L’ancien directeur sportif du PSG de 2011 à 2013 puis de 2019 à 2022, a livré une analyse fine et émouvante après la première victoire du club en Ligue des Champions, remportée en mai 2025 contre l’Inter (5-0). Entre nostalgie, lucidité et admiration pour le nouveau projet parisien, Leonardo nous plonge dans les coulisses d’un rêve devenu réalité.
Leonardo et le PSG : entre cicatrices passées et fierté retrouvée
Leonardo n’a jamais caché sa passion pour le Paris Saint-Germain. Acteur majeur de la première phase de transformation du club sous QSI, puis artisan du virage sportif amorcé en 2019, le Brésilien porte un regard nuancé sur son passage. Lors de l’émission diffusée en direct depuis Milan, il est d’abord revenu sur l’obsession parisienne pour la Ligue des Champions, qui pendant une décennie, a bridé plus qu’elle n’a libéré. «On voulait gagner vite. Trop vite. Et parfois, cette obsession provoquait de la panique au sein du projet», a-t-il reconnu, dans des propos rapportés par RMC Sport.
Dès les premiers investissements de l’ère Qatari, le club s’était fixé un cap clair : devenir une référence européenne. Leonardo en avait posé les bases, mais il le reconnaît aujourd’hui : l’ambition s’est parfois heurtée à la complexité du football de haut niveau. Il se souvient d’échecs marquants (Barcelone en 2013, Manchester United en 2019, Real Madrid en 2022) qui traduisaient «une certaine fébrilité mentale, année après année». Un aveu d’humilité rare et précieux.
Un PSG métamorphosé sous Luis Enrique : jeunesse, continuité et méthode
Mais Leonardo n’est pas venu pour ressasser. L’ex-directeur brésilien salue d’abord la transformation en profondeur opérée par l’entraîneur espagnol Luis Enrique. Vainqueur de la Ligue des Champions avec le Barça en 2015, le technicien catalan a apporté une philosophie de jeu claire, fondée sur la possession et l’intelligence collective. «Il est le personnage central de ce projet. Il a transmis beaucoup, surtout à une équipe jeune. Ce titre, c’est aussi son œuvre», affirme Leonardo.
Effectivement, l’effectif 2024-2025 du PSG n’a plus rien à voir avec celui des années précédentes. Exit les stars à ego surdimensionné – le départ de Kylian Mbappé pour le Real Madrid en 2024 a marqué la fin d’une époque –, place à une génération ambitieuse, soudée et résolument européenne : Warren Zaïre-Emery, Xavi Simons, Manuel Ugarte, Bradley Barcola ou encore le capitaine Marquinhos ont été les piliers de ce sacre historique.
Cette nouvelle stratégie fondée sur la stabilité, la jeunesse et un entraîneur visionnaire semble avoir été le catalyseur du succès. Le club s’est éloigné du bling-bling pour épouser une identité plus proche de ses supporters et plus adaptée aux joutes du très exigeant football continental.
Un sacre attendu… et pourtant si symbolique
Au soir du 31 mai 2025, le PSG a écrasé l’Inter Milan 5-0, au stade olympique d’Istanbul. Un scénario presque irréel, marqué par une domination tactique totale et une maîtrise émotionnelle jamais vue auparavant à ce stade de la compétition.
Pour Leonardo, plus qu’une revanche personnelle, cette victoire est surtout une consécration des efforts collectifs engagés depuis plus d’une décennie. «C’était le destin du PSG. Il fallait que cela arrive ainsi, avec une nouvelle génération, portée par une nouvelle énergie». Il conclut : «Ce n’était pas seulement le rêve du club, mais celui de tout le football français».
L’ancien international brésilien, malgré les années et les départs, reste profondément attaché au projet parisien. Il n’est peut-être plus dans les couloirs du Camp des Loges, mais son regard sur le club reste éclairé, empreint d’affection et de justesse.
Ce premier titre en Ligue des Champions ouvre une nouvelle ère pour Paris, et Leonardo, comme des millions de supporters à travers le monde, peut enfin savourer le goût de l’accomplissement. Oui, parfois, le football choisit ses moments. Et celui de Paris était arrivé.