Le départ de Kylian Mbappé du PSG à l’été 2024 a tourné la page d’une ère aussi brillante que compliquée pour le club de la capitale. Mais selon Leonardo, ancien directeur sportif du Paris Saint-Germain, la rupture aurait dû avoir lieu bien plus tôt. Invité exceptionnel des 20 ans de l’After Foot sur RMC, le Brésilien a livré une analyse sans filtre du feuilleton Mbappé et de sa propre éviction du club. Retour sur des révélations aux allures de bilan critique.
Leonardo : « Il devait partir parce qu’il voulait partir… »
Lors de son intervention sur RMC, Leonardo n’a pas mâché ses mots. Pour lui, maintenir Mbappé au club malgré sa volonté de rejoindre le Real Madrid en 2021/2022 était une erreur stratégique majeure. « Le Qatar a tout cédé pour le prolonger, et je n’étais pas d’accord », a-t-il affirmé, revenant sur la fameuse prolongation du n°7 parisien en 2022.
Son départ aurait permis au club de rebâtir plus tôt. Leonardo défend l’idée d’un changement de cycle nécessaire, que le PSG aurait retardé en retenant ses stars à tout prix. À ses yeux, prolonger Mbappé n’a pas seulement été un choix économique ou politique, c’était surtout une décision qui a freiné la transformation du club. « Quand tu as un joueur qui veut partir, il faut le laisser partir », martèle-t-il, en soulignant son désaccord avec la stratégie adoptée à l’époque par la direction.
Un désaccord profond avec la direction parisienne
Leonardo ne remet pas en cause sa relation avec le Qatar. Il précise que ses désaccords étaient d’ordre sportif et stratégique, notamment sur la manière de gérer les individualités comme Mbappé, Neymar ou Messi. « Il y a eu des visions différentes », explique-t-il.
Ces divergences ont atteint un point de non-retour en 2022 lorsqu’il a été désavoué après la prolongation de Mbappé. Conséquence directe : son départ du club. Leonardo incarne la première voix discordante majeure depuis la révolution QSI au PSG, osant remettre en cause des choix managériaux forts.
L’héritage contrasté de la génération dorée
Leonardo admet malgré tout l’impact positif qu’ont eu les stars parisiennes. « Le fait d’avoir des joueurs comme Messi, Neymar, Ibrahimović ou Mbappé a été très important pour le club », a-t-il reconnu. Leur présence a permis au PSG de gagner en visibilité internationale, d’attirer des sponsors de prestige et de faire croître sa marque au-delà des frontières.
Mais cette stratégie a aussi eu ses revers : instabilité, pression médiatique constante, et retards dans la construction d’un projet collectif cohérent. Le triomphe historique en Ligue des champions 2025 sous Luis Enrique est d’ailleurs arrivé après le départ de plusieurs de ces têtes d’affiche. Un hasard ? Pas vraiment. Enrique a su reconstruire une équipe plus équilibrée, recentrée sur l’efficacité collective, et moins tributaire des individualités.
L’impact sur le futur du PSG
Alors que le PSG entame une nouvelle ère post-Mbappé, les propos de Leonardo résonnent comme une piqûre de rappel. L’institution doit primer sur les rétentions à court terme. En s’émancipant des cycles de dépendance à ses stars, le PSG version 2025 poursuit une construction plus durable.
L’issue ? Un club enfin récompensé en Ligue des champions avec une victoire éclatante contre l’Inter Milan (5-0), qui valide la vision de Luis Enrique et marque une possible fin de l’obsession pour les galactiques. Le départ de Mbappé, s’il fut tardif, a finalement permis de libérer le groupe, clarifier les rôles et stabiliser le vestiaire.
Leonardo, en livrant cette confession, invite surtout à repenser le leadership au PSG. À l’heure où Nasser Al-Khelaïfi et Luis Campos dessinent un futur plus axé sur le collectif et la formation, le message est clair : l’héritage des stars doit maintenant servir le projet, et non le freiner.