Achraf Hakimi : une rééducation express pour faire vibrer le Maroc et le PSG

Photo of author

par Maxime Nauzit

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 approche à grands pas, et toute une nation retient son souffle. Blessé début décembre face au Bayern Munich en Ligue des champions après un tacle ravageur de Luis Díaz, Achraf Hakimi s’engage aujourd’hui dans un combat sans relâche pour porter les couleurs du Maroc devant son public. Une quête personnelle qui impacte aussi indirectement le Paris Saint-Germain, qui observe lui aussi cette récupération avec attention.

Un calendrier infernal pour un retour express

Conscient des enjeux colossaux de la CAN 2025, organisée pour la première fois au Maroc depuis 1988, Hakimi refuse de céder à la fatalité. Touché, mais pas abattu, le latéral droit du PSG a immédiatement opté pour une rééducation intensive en Espagne, avec un seul objectif : être prêt pour le match inaugural contre les Comores, prévu au stade Moulay Abdellah de Rabat.

L’enjeu dépasse le cadre du sport : il symbolise la fierté nationale, le renouveau des Lions de l’Atlas, et un rendez-vous avec l’Histoire. Nasser Larguet, ex-directeur technique national marocain, a témoigné pour RMC Sport : «Achraf Hakimi fait pratiquement six heures de rééducation par jour.» Cette information vient confirmer ce que beaucoup soupçonnaient déjà du joueur parisien : un mental en acier trempé.

Son implication va jusqu’à ses moindres apparitions publiques. Observé récemment au stade d’Elche pendant un match du Real Madrid, Hakimi a affirmé aux médias espagnols : «Je vais continuer la rééducation pour revenir le plus vite possible sur le terrain, qui me manque beaucoup.»

Cette discipline impressionnante montre à quel point le joueur de 26 ans reste crucial pour son pays, mais aussi pour le PSG, en pleine préparation pour la seconde moitié de saison, avec des objectifs ambigus en Ligue 1 et en Ligue des champions.

Maroc et PSG : deux regards tournés vers le même homme

À Rabat comme à Paris, le moral remonte en flèche. Walid Regragui, sélectionneur des Lions de l’Atlas, a indiqué sur Canal+ : «Quand il va rentrer, ça va être un animal. On va s’embrouiller quand il va revenir parce que lui, c’est une machine.» Le ton est donné : Hakimi n’est pas simplement attendu, il est espéré comme le leader naturel que le Maroc devra avoir pour aller loin dans ce tournoi à domicile.

Ce revirement de situation reste néanmoins une épée à double tranchant pour le PSG. Le club parisien, privé d’Hakimi pour encore plusieurs semaines, surveille de près sa réhabilitation. Sa saison 2024-2025 a déjà été marquée par de nombreuses blessures (dont celle de Lucas Hernandez), et le staff de Luis Enrique sait l’importance du joueur dans l’équilibre de sa défense.

La présence d’Hakimi lors de la phase finale de la CAN pourrait signifier une absence prolongée du joueur en janvier et février, ce qui coïnciderait avec des échéances capitales pour le PSG en championnat comme en C1. Paris devra gérer son absence sans déséquilibrer une défense déjà parfois instable. Nordi Mukiele ou Carlos Soler (dans un rôle plus hybride) pourraient être appelés à jouer les utilités, mais l’intensité et la verticalité propres à Hakimi manqueraient cruellement.

Une CAN charnière pour Hakimi et le Maroc

Pour Achraf Hakimi, cette CAN dépasse l’enjeu sportif : il s’agit d’un rendez-vous avec son peuple, dans son pays, en tant que capitaine. Le Maroc reste sur une quatrième place historique au Mondial 2022, et l’attente est immense. Un sacre continental permettrait d’inscrire définitivement cette génération dorée comme l’une des plus grandes de l’histoire du football africain.

Et pour le PSG, voir son joueur phare briller dans une compétition de niveau international, même en dehors du club, demeure une vitrine précieuse. Si Hakimi revient plus fort, plus affûté mentalement et physiquement après la CAN, ce serait un atout stratégique majeur pour les échéances du printemps parisien.

En somme, la course contre la montre engagée par Achraf Hakimi n’est pas seulement un défi personnel. C’est aussi un tournant pour le Maroc et un passage clé du parcours du PSG cette saison. À Paris comme à Rabat, tous croisent les doigts pour que l’homme aux grandes enjambées retrouve bientôt le rythme des grandes compétitions.

Laisser un commentaire