Trophée des Champions au Koweït : pourquoi les supporters marseillais boycottent le choc face au PSG

Photo of author

par Maxime Nauzit

Le PSG s’apprête à disputer une nouvelle finale de Trophée des Champions, cette fois contre son rival historique : l’Olympique de Marseille. Mais une nouvelle inattendue vient bouleverser l’ambiance autour de cette affiche très attendue : les supporters phocéens ont décidé de boycotter le déplacement. En cause ? Le choix du Koweït comme lieu de la rencontre. Une décision qui soulève interrogations et tensions à quelques semaines du match prévu le 8 janvier 2025.

Un PSG-OM sans saveur en tribunes ?

Le Trophée des Champions 2025 promet sur le terrain, mais pourrait sonner creux dans les tribunes. Malgré l’enjeu — un titre à aller chercher en plein cœur de la saison — l’OM devra faire sans ses fidèles. Selon le journaliste Bruno Blanzat, réputé pour sa couverture de l’actualité marseillaise, les groupes de supporters olympiens ont annoncé leur décision de boycotter le match de manière officielle lors d’une réunion avec le club (Twitter, 20/12/2025).

Les raisons de ce refus sont multiples, mais convergent toutes vers le choix géographique : jouer à plus de 4 000 kilomètres de l’Hexagone, dans un pays peu accessible pour les fans, est perçu comme une négation de l’âme populaire du football. Pourtant, l’OM avait proposé une solution partiellement prise en charge : 150 supporters, pour un coût limité à 150 euros chacun, le reste couvert par le club. Une offre tentante… mais fermement déclinée par les groupes historiques.

Le Koweït, une décision commerciale critiquée

Le président olympien, Pablo Longoria, a tenté de justifier ce choix de la LFP lors d’une conférence de presse. Selon lui, le déplacement au Koweït permettrait d’engranger jusqu’à 3 millions d’euros de revenus commerciaux. « Ce n’est pas encore le modèle de la Supercoupe d’Espagne ou d’Italie, mais cela montre que la LFP cherche à valoriser cette compétition », a-t-il précisé (source : Conférence de presse OM, 19/12/2025).

Du côté parisien, si le PSG ne s’est pas exprimé officiellement sur le sujet, le club de la capitale a l’habitude de ces rendez-vous délocalisés, ayant déjà disputé ce trophée en Chine, au Qatar ou encore en Israël au cours de la dernière décennie. La direction, en phase avec la stratégie internationale du Groupe QSI, voit dans cette nouvelle finale une opportunité d’élargir la visibilité du club au Moyen-Orient et de renforcer les partenariats stratégiques dans cette région clef.

Quel impact sportif pour le PSG ?

Sur le plan purement sportif, ce boycott pourrait constituer un avantage psychologique pour le PSG. Habitué à évoluer dans des contextes internationaux sans appui de supporters adverses, le club parisien se retrouve dans un environnement quasi-neutre, voire légèrement favorable, en raison de sa notoriété dans le Golfe. De plus, l’absence du bouillant virage sud marseillais enlève un pan entier d’intensité dans cette rivalité historiquement électrique.

Côté terrain, Luis Enrique aura à cœur de démarrer 2025 sur une note positive et de continuer à inscrire son projet dans le palmarès. Avec un groupe dépourvu de stars aussi médiatiques que Kylian Mbappé, parti au Real Madrid l’été dernier, mais de plus en plus collectif, le PSG vise une domination durable — et ce Trophée des Champions est un jalon symbolique important dans cette quête.

Une fracture potentielle dans le football français

Ce choix de la délocalisation reflète un virage global du football professionnel, où les intérêts économiques prennent souvent le pas sur les considérations sportives et populaires. Le boycott des supporters marseillais pourrait devenir un cas d’école : jusqu’où les clubs et la Ligue sont-ils prêts à aller pour accroître la visibilité et les revenus, au détriment de l’accessibilité pour les supporters fidèles ?

Pour le PSG, cette finale reste une opportunité en or, autant sportive que stratégique. Mais pour la passion du football français, l’ambiance risque de sonner faux. Le Classique, sans les chants ni la ferveur des virages ? Un parfum d’exotisme… un goût d’inachevé.

Laisser un commentaire