Ce 30 mai 2025, le football français a perdu plus qu’un entraîneur. Il a perdu Jean-Louis Gasset, figure incontournable au parcours unique. Respecté, humble et profondément humain, Gasset a marqué plusieurs générations. Et chose rare dans le paysage du football hexagonal : il a su s’attirer l’estime inconditionnelle des supporters du Paris Saint-Germain autant que de ceux de l’Olympique de Marseille. Retour sur un homme à part.
Un parcours singulier entre PSG et OM
Jean-Louis Gasset incarne l’exception dans une rivalité parmi les plus corrosives du football français. Diriger ou assister à la tête du PSG ou de l’OM expose à d’inévitables critiques de l’autre rive. Et pourtant, Gasset a réussi le tour de force d’être respecté des deux camps. D’abord adjoint à Paris sous Luis Fernandez (2001-2003), puis pilier du staff sous Laurent Blanc (2013-2016), il a participé aux premières heures du PSG version QSI. C’est notamment lui qui épaulait Blanc lors des trois titres de champion de France consécutifs (2014, 2015, 2016), posant les bases d’un jeu posé et technique où brillait Zlatan Ibrahimović.
Zlatan lui-même avait confié dans un documentaire produit par Canal+ : « Gasset, c’était l’intelligence tranquille de ce staff. Un vrai passionné ». Tout était dit. Discret mais essentiel, Gasset symbolisait cette rigueur et cette bienveillance propices à faire éclore la sérénité du vestiaire parisien.
En 2024, alors que l’OM traverse une période trouble, c’est encore lui que Medhi Benatia appelle en urgence. Le natif de Montpellier accepte sans hésiter, et transforme un collectif désorienté en demi-finaliste de la Ligue Europa. Une prouesse qui relance l’OM sportivement et émotionnellement, et qui va définitivement sceller le respect du peuple marseillais à son égard.
Des valeurs au-dessus de la rivalité
Ce que retiennent nombreux de Jean-Louis Gasset, c’est avant tout une vision du football centrée sur l’humain. Méthodique, toujours positif, il croyait en la pédagogie plutôt qu’en la confrontation. Le communiqué de l’OM, publié quelques heures après sa disparition, résume à merveille cet ADN rare : « Gasset, c’était bien plus qu’un entraîneur. Il incarnait les valeurs de rigueur, travail, loyauté et humilité ».
Du côté du Paris Saint-Germain, club où il a vécu plusieurs pages mémorables de l’ère QSI, l’hommage a été tout aussi appuyé. Le club de la capitale a salué un homme « resté attaché au PSG, même après son départ, et qui n’a laissé que des souvenirs positifs dans chacune de ses visites au Parc ».
Ce respect transversal repose aussi sur une vraie philosophie du football : pour Gasset, le ballon rond dépassait les guerres de clochers. Il n’était ni pour Paris, ni pour Marseille, mais pour le jeu. Et cela, les supporters l’ont très vite compris.
Dans le climat électrique souvent entretenu entre le PSG et l’OM, Gasset représentait presque une anomalie. Mais peut-être aussi une nécessité. Celle de montrer qu’au-delà des maillots et des querelles de clocher, le vrai amour du football se reconnait dans la passion, le respect, et l’envie de transmettre.
Un héritage profond et durable
Si son dernier baroud d’honneur, en 2024 avec le MHSC, n’a pas conduit à un maintien inespéré, il témoigne avant tout de son amour intact pour son club de cœur. À 72 ans, il répondait encore à l’appel, sans calcul ni condition. Cet engagement total, loin des projecteurs, a renforcé l’admiration du milieu pour cette figure d’élégance et d’altruisme.
Jean-Louis Gasset laisse derrière lui bien plus que des statistiques : il laisse une école, une vision. Un savoir-faire empreint de sagesse et d’humanité qui manque déjà cruellement au football français. À Paris comme à Marseille, ses anciens protégés lui rendent aujourd’hui un hommage unanime. Et il n’y a pas plus belle reconnaissance pour un homme qui, toute sa vie, aura choisi le foot comme langage universel, plutôt que comme frontière.