Le Classique a livré son verdict, implacable et sans appel. Dimanche soir, au Parc des Princes, le PSG a infligé une humiliation cinglante à l’Olympique de Marseille (5-0), dans un match qui restera dans les mémoires… mais sans doute pas pour les mêmes raisons des deux côtés. Alors que Paris déroule sa domination en Ligue 1, c’est surtout l’abattement de Roberto De Zerbi, coach phocéen, qui interroge après ce naufrage collectif. Analyse d’un match à sens unique et de ses conséquences pour la suite de la saison.
Un PSG cliniquement supérieur dans tous les compartiments
Depuis le départ de Kylian Mbappé au Real Madrid l’été dernier, certains observateurs prédisaient une baisse de régime pour le PSG. Mais en 2025, c’est une équipe renouvelée, ambitieuse et collectivement au point qui s’affirme avec autorité en Ligue 1. Face à son rival historique, Paris n’a laissé aucune chance à un OM dépassé. Marco Asensio, Gonçalo Ramos et Bradley Barcola ont été étincelants, profitant des largesses défensives marseillaises, tandis que Vitinha et Zaïre-Emery ont régné au milieu.
Le technicien Luis Enrique semble avoir trouvé la bonne alchimie tactique, avec un jeu patient, fluide et terriblement efficace. Si l’absence d’une figure aussi emblématique que Mbappé pouvait peser, elle est brillamment compensée par un collectif en pleine confiance. Ce match face à l’OM confirme la montée en puissance du PSG, désormais candidat plus que sérieux pour conserver son titre de Ligue 1 et faire une belle campagne européenne.
Un OM incapable de réagir : le désarroi de De Zerbi
À l’inverse, Roberto De Zerbi est apparu abattu, presque résigné, en conférence d’après-match. Face aux journalistes de Ligue 1+, l’Italien n’a pas mâché ses mots après cette débâcle proposée par ses joueurs : « C’est une période… on fait une bonne prestation contre Rennes et Lens, et après c’est le désespoir total. Encore une fois je demande pardon aux supporters » (source : Ligue 1+).
Si l’analyse tactique du match ne laisse que peu de place à la nuance — tant l’OM a été inférieur dans tous les secteurs — c’est surtout la constance inquiétante des contre-performances marseillaises qui fait sonner l’alarme. Bruges en Coupe d’Europe, Paris en Ligue 1 : à chaque grand rendez-vous, l’équipe s’effondre.
De Zerbi évoque des discussions urgentes avec Pablo Longoria et Mehdi Benatia (directeur sportif), afin de comprendre les causes profondes de ces écarts de niveau. La déclaration est claire : « On va parler avec Benatia et Longoria pour comprendre ce qu’on peut faire. Parce que ça fait mal ces défaites, surtout à Paris, surtout de cette façon. » (source : Ligue 1+).
Des ajustements nécessaires… mais à quel prix ?
La tactique de De Zerbi sur ce match peut certes être questionnée – notamment un pressing inefficace et une défense à la peine – mais le coach refuse de pointer du doigt les joueurs ou de remettre en question ses choix de départ : « Je n’ai pas de regrets [sur ma compo]… Quand autant de joueurs font un match insuffisant, il n’y a pas de regrets. » (source : Ligue 1+). Une posture qui traduit une volonté d’union dans le vestiaire, mais qui pourrait vite être remise en cause face aux pressions internes et externes.
Désormais, l’OM doit faire face à un triple défi : psychologique, tactique et structurel. Raisonner le groupe, relancer une dynamique de performance et surtout éviter l’enlisement dans une spirale négative, notamment en vue des prochaines échéances européennes. Paris, quant à lui, assoit son autorité nationale et continue d’envoyer un message fort en cette année 2025 : le champion de France est bien là, même sans Mbappé.