L’émission « Complément d’enquête » diffusée jeudi dernier a ravivé de vieilles tensions dans le paysage footballistique français. En répondant à une question délicate sur l’accueil des supporters, Véronique Rabiot, mère d’Adrien Rabiot, a comparé — ou plutôt refusé de comparer — la situation de son fils à celle de Mathieu Valbuena lors de son retour au Vélodrome en 2015. Une intervention qui fait polémique et qui a provoqué une vive réaction de l’ancien international français.
Valbuena déçu par le manque d’empathie de Véronique Rabiot
Pour les passionnés de Ligue 1, le retour de Mathieu Valbuena sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais au Vélodrome en 2015 reste un moment marquant, tristement célèbre pour la poupée à son effigie pendue par des supporters de l’OM. Interrogée sur ce parallèle par le journaliste Tristan Waleckx dans « Complément d’enquête » (France 2), Véronique Rabiot s’est agacée : « Ah ouais, non mais là vous exagérez… Non, je ne peux pas répondre à ça. Vous ne pouvez pas me mettre en difficulté comme ça vis-à-vis de l’OM« .
Cette réaction a profondément dérangé Valbuena. Invité de l’émission Rothen s’enflamme sur RMC, « Petit Vélo » n’a pas mâché ses mots : « Elle a balayé d’un revers de main au lieu de condamner ce qui s’est passé. […] Elle peut dire les choses pour empêcher que cela se reproduise. Ce n’est pas une question d’être contre l’OM, c’est une question de condamner un geste inacceptable. »
Ce coup de gueule traduit l’incompréhension d’un ancien cadre des Bleus face à ce qu’il perçoit comme un manque de responsabilité de la part d’une personne aussi médiatisée que Véronique Rabiot. Pour Valbuena, assumer dit aussi reconnaître les erreurs du passé et éviter les complaisances, quels que soient les clubs concernés.
Al-Khelaïfi dans le viseur : Un pouvoir trop pesant ?
Mais ce n’est pas tout. Dans sa prise de parole, Mathieu Valbuena s’est également attaqué à un pilier majeur du PSG : Nasser Al-Khelaïfi. Le président parisien, figure centrale du projet QSI depuis 2011, a été critiqué pour son poids perçu comme « trop important » dans le football français.
Selon Valbuena : « En 2025, il [Al-Khelaïfi] a énormément de pouvoir. Honnêtement, si PSG-OM avait eu lieu à Marseille, il aurait été arrêté. » Un avis tranché qui relance le débat autour de l’influence du président du Paris Saint-Germain dans les coulisses du football hexagonal, notamment via sa position à beIN Sports et à l’ECA (European Club Association).
Certes, Nasser Al-Khelaïfi a contribué à repositionner le PSG parmi les grands d’Europe : venues de stars comme Messi, Neymar ou Ramos, modernisation du club, stratégie marketing planétaire… Mais cette déclaration souligne aussi les soupçons persistants autour d’un PSG parfois considéré comme favorisé dans certaines circonstances.
Quel impact sur le PSG et le climat autour du Classique ?
Cette passe d’armes verbale, bien que périphérique aux performances sportives directes, rappelle à quel point le Classique PSG-OM reste chargé symboliquement. L’écho des propos de Valbuena suscite d’ailleurs une question essentielle : ce climat de tensions médiatiques ajoute-t-il une pression inutile au club ou renforce-t-il au contraire la cohésion interne ?
Du côté du PSG, toujours en lice pour le titre de Ligue 1 et la Ligue des champions, ces débats doivent être contenus pour éviter les distractions. D’autant plus que sans Kylian Mbappé, désormais parti au Real Madrid, le club parisien doit continuer sa reconstruction, tant sur le plan sportif que médiatique.
Alors que le football moderne dépasse largement le cadre des 90 minutes sur le terrain, cette séquence éclaire à nouveau les jeux d’influence et les tensions historiques qui perdurent, tout en rappelant une chose essentielle : les responsabilités médiatiques pèsent lourd, surtout quand elles touchent à la mémoire collective d’un club ou d’un joueur.