Alors que la Ligue 1 espérait avoir enfin trouvé un nouveau partenaire stable avec DAZN, la plateforme britannique de streaming sportif s’apprête à jeter l’éponge. Un potentiel séisme pour le football français, qui repose massivement sur les droits TV pour financer ses clubs, dont le Paris Saint-Germain en tête. Décryptage d’un scénario catastrophe qui plane sur la fin de saison 2023-2024.
DAZN prêt à claquer la porte : un coup dur à l’horizon
Depuis le début de la saison 2023-2024, DAZN occupe le rôle de principal diffuseur de la Ligue 1. Mais selon RMC Sport, les discussions entre la plateforme et la LFP sont aujourd’hui dans l’impasse. En cause : un désaccord profond autour de la valorisation des droits télévisés et le manque d’exclusivité offert par les clubs, ce que DAZN juge contre-productif pour rentabiliser son investissement.
DAZN considère que le contrat n’a pas été respecté et menace de ne pas verser la tranche de 70 millions d’euros prévue pour le 30 avril 2024. Une somme fondamentale pour les finances de nombreux clubs hexagonaux, dont celles du Paris Saint-Germain qui, malgré son poids économique bien plus important, dépend toujours largement des revenus issus de la LFP.
Plus préoccupant encore : le diffuseur songerait à rompre son contrat dès la fin de cette saison, sans attendre la clause de sortie initialement prévue dans deux ans. Un désengagement anticipé qui pourrait plonger la LFP dans une crise similaire à celle de l’échec Mediapro en 2020, aux conséquences financières dramatiques.
LFP en alerte : quelles options pour éviter le chaos ?
Face au désengagement de DAZN, la Ligue de Football Professionnel tente de réagir. Selon RMC Sport, son président, Vincent Labrune, envisage de sanctionner les clubs qui ne respectent pas leur partenariat avec le diffuseur, afin de rassurer la plateforme. Mais cette stratégie de recadrage semble peu convaincante.
Pire, une clause du contrat actuel interdit à la LFP de discuter avec d’autres diffuseurs tant que DAZN est titulaire des droits, ce qui ralentit toute tentative de plan B. Dans l’état actuel, la Ligue envisage donc l’option extrême de relancer une chaîne 100 % autoproduite, similaire à Téléfoot à l’époque de Mediapro.
Mais là aussi, le timing apparaît très serré : sans diffuseur confirmé au moment où les contrats de sponsoring, droits internationaux et abonnements sont négociés, la saison prochaine pourrait démarrer dans une incertitude totale. Un scénario que redoute le PSG, conscient qu’une perte de visibilité en Ligue 1 pourrait affaiblir l’attractivité globale du championnat… et donc sa propre marque.
Quels impacts pour le PSG et les compétitions européennes ?
Le Paris Saint-Germain, engagé en Ligue 1, Coupe de France et Ligue des Champions, est directement concerné. Une baisse des revenus télévisuels pourrait impacter la stratégie du club sur le marché des transferts. À l’heure où Kylian Mbappé a déjà rejoint le Real Madrid, le PSG doit continuer à investir intelligemment pour rester compétitif sur la scène européenne.
Dans l’immédiat, le club souhaite éviter tout nouveau déficit d’image pour la Ligue 1, qui peinerait à séduire talents et investisseurs étrangers en cas d’instabilité médiatique. Le remplacement de DAZN par une chaîne de secours, ou pire, un vide diffusif temporaire, compromettrait la valorisation de la vitrine « Ligue 1 », utilisée pour promouvoir la marque PSG sur les marchés internationaux.
Pour toutes ces raisons, les prochaines semaines seront décisives. La date du 30 avril, avec le possible non-versement des 70 millions d’euros promis par DAZN, pourrait marquer un tournant majeur.