Alors que les Diables Rouges entrent dans une phase de transition inquiétante, Eden Hazard, figure emblématique de la génération dorée de la Belgique, a pointé du doigt un modèle de référence inattendu : le Paris Saint-Germain. Dans un contexte bouleversé pour la sélection belge, qui voit partir un à un ses cadres (De Bruyne, Courtois, Lukaku, Witsel…), l’ancien Madrilène estime que le renouveau est possible. Et pour lui, l’exemple du PSG post-Mbappé incarne ce renouveau réussi.
Le PSG, source d’inspiration d’une reconstruction réussie
Malgré les départs retentissants de Kylian Mbappé (Real Madrid), Lionel Messi (Inter Miami), Neymar (Al-Hilal) ou encore Marco Verratti (Al-Arabi SC), le Paris Saint-Germain n’a pas flanché. Bien au contraire. Sous l’impulsion de Luis Enrique, l’équipe a pris un virage stratégique fort en misant sur un projet de jeu collectif, où le talent individuel n’éclipse plus l’organisation ni les automatismes.
Cette transformation profonde, Eden Hazard l’a soulignée auprès de la RTBF. L’ancien ailier du Real Madrid a notamment déclaré : « Regardez le PSG avec le départ de Mbappé cet été ou encore de Messi et Neymar avant ça. Tout d’un coup, Ousmane Dembélé est devenu le meilleur joueur du monde et plein de jeunes ont émergé derrière lui. »
Cette affirmation, volontairement provocatrice ou teintée d’humour sur le « meilleur joueur du monde », souligne en réalité une vérité moins caricaturale mais palpable : des joueurs comme Bradley Barcola, Warren Zaïre-Emery ou Kang-in Lee ont explosé dans le sillage d’un projet qui leur donne du temps et de la confiance. Luis Enrique, connu pour ses convictions tactiques et sa capacité à faire progresser les jeunes, a insufflé une nouvelle dynamique au PSG malgré les pronostics pessimistes initiaux.
La Belgique et son grand saut générationnel : entre inquiétude et opportunité
Pour Eden Hazard, la Belgique peut réussir ce virage générationnel à condition d’accepter le deuil d’une époque glorieuse. Car voir partir des piliers emblématiques comme Kevin De Bruyne, Thibaut Courtois ou Romelu Lukaku ne sera pas sans conséquences. Toutefois, au lieu de craindre ce vide, Hazard incite la sélection à “laisser de la place aux jeunes pour émerger”, comme l’a fait Paris. Le scénario est clair : la clé n’est pas dans la continuité individuelle, mais dans la cohérence collective du projet.
Rudi Garcia, tout juste nommé à la tête des Diables Rouges, semble d’ailleurs prêt à s’appuyer sur l’aura et l’expérience d’Hazard. «J’ai beaucoup parlé avec Eden Hazard, qui fera un peu partie de l’aventure», a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse d’intronisation, avant de nuancer : «L’intégrer dans un staff ? Ce n’est pas prévu» (source : RTBF).
La Belgique se doit donc de tirer des leçons du virage stratégique du PSG : faire confiance aux jeunes, assumer la fin d’une époque, et reconstruire sur des bases modernes, tactiques et mentales. En somme, le succès ne repose pas uniquement sur les stars, mais sur une idée de jeu et un management cohérent.
Un message fort qui résonne au-delà de Bruxelles
En évoquant le club de la capitale française, Eden Hazard ne parle pas uniquement de football : il parle d’adaptation, d’identité et de vision à long terme. Le Paris Saint-Germain, qui était souvent perçu comme une constellation d’individualités au détriment du collectif, devient aujourd’hui une référence européenne dans le jeu et la formation. L’ironie est forte, quand on connaît les critiques incessantes qui ont suivi le projet QSI pendant plus d’une décennie.
À travers ce parallèle, Hazard invite non seulement les Diables Rouges mais aussi d’autres nations ou clubs en pleine mutation à oser une refonte de fond. Et cela doit se faire avec une direction lucide, un entraîneur visionnaire – à l’image de Luis Enrique – et une prise de risque maîtrisée.
Alors que l’Euro et la Coupe du Monde sont déjà en ligne de mire, le futur de la Belgique s’écrira sans doute sur cette ligne de crête entre héritage et nouveauté. Tout comme le Paris Saint-Germain, qui avec l’après-Mbappé, prouve qu’une renaissance collective est possible, à condition de l’assumer pleinement.