PSG – OM : Quand la célébration dérape, tensions ravivées autour du clan Rabiot

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par Maxime Nauzit

La qualification du PSG en finale de la Ligue des champions, acquise avec brio face à Arsenal (2-1), devait marquer une nuit de gloire pour les supporters parisiens. Pourtant, certains débordements en marge des festivités ont jeté une ombre sur ce moment historique. Entre dégradations, insultes ciblées et tensions réactivées avec le camp marseillais, retour sur une soirée sous tension.

Une finale méritée, ternie par des débordements

Le 7 mai, Paris vibrait au rythme de la qualification tant attendue pour la finale de la Ligue des champions. Après un match maîtrisé au Parc des Princes, les supporters se sont réunis en masse dans les rues pour célébrer. Cependant, des scènes houleuses sont venues gâcher cette euphorie légitime : affrontements avec les forces de l’ordre, pillages de boutiques et un grave accident de la route ayant fait plusieurs blessés, dont un en urgence absolue, comme le rapporte L’Équipe.

Mais ce sont surtout des scènes symboliques d’humiliation envers l’OM, principal rival historique du PSG, qui ont fait basculer les célébrations dans une spirale polémique. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre plusieurs individus brûler un maillot de l’OM au cœur de Paris, sous les chants injurieux dirigés notamment contre Adrien Rabiot et sa mère, Véronique Rabiot.

Un contentieux persistant entre les Ultras et le clan Rabiot

Si Adrien Rabiot ne joue plus au PSG depuis 2019, son nom reste intimement lié à des tensions de longue date avec les supporters, souvent cristallisées autour de la personnalité de sa mère-agente, Véronique. Départ conflictuel du club, désaccords sur sa gestion sportive, interventions médiatiques clivantes… Le clan Rabiot a laissé des traces durables dans la mémoire collective des fans parisiens.

Chanter « Rabiot n*que ta mère » ou s’en prendre verbalement à Anne Hidalgo, tout en brûlant des symboles de l’OM, recontextualise le clivage toujours brûlant entre le PSG et Marseille. Mais plus encore, il souligne la fracture encore ouverte entre une frange radicale du Parc des Princes et certains anciens du club. Adrien Rabiot, bien que joueur de la Juventus aujourd’hui, continue d’incarner une certaine forme de trahison aux yeux des Ultras.

Pour de nombreux observateurs, cette fixation sur Rabiot traduit aussi un manque de renouvellement des griefs historiques. Alors que Kylian Mbappé, par exemple, a quitté le PSG récemment pour rejoindre le Real Madrid avec professionnalisme, les ressentiments envers Rabiot paraissent aujourd’hui disproportionnés.

Supporterisme passionnel ou ligne rouge franchie ?

Brûler le maillot d’un rival ou lancer des slogans insultants peut-il relever du folklore du football ? La réponse dépend des sensibilités, mais une chose est sûre : dans un environnement ultrasensible comme celui qui entoure le PSG, les symboles ont un poids considérable. Pour nombre de supporters phocéens, ces actions dégradent l’image de la rivalité et témoignent d’un rejet inquiétant de certaines limites à ne pas franchir.

La direction du PSG, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement. Mais à l’heure de diffuser une image internationale forte et respectueuse, notamment en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024 et du rayonnement continental du club, ce type de débordement ne colle pas avec les ambitions marketing et institutionnelles du club de la capitale.

Loin de freiner les antagonismes, ces dérapages les renforcent. Et à mesure que les supporters marseillais répliquent sur les réseaux sociaux, la rivalité PSG-OM retrouve des relents d’un passé que la Ligue de Football Professionnel et les clubs aimeraient voir dépassé.

Conclusion : une victoire sportive éclipsée

Le PSG aurait dû ne parler que de football. En se qualifiant pour une nouvelle finale de Ligue des champions — une opportunité historique de marquer une ère post-Mbappé — les Parisiens ont démontré leur solidité tactique et mentale. Mais en parallèle, ce sont certains agissements incontrôlés qui prennent aujourd’hui le devant de la scène.

Dans une saison marquée par de profonds changements, notamment dans la politique sportive du club ou dans le leadership collectif, ces incidents rappellent qu’au-delà du terrain, gérer l’image du PSG est aussi un match à enjeux — et que l’arbitre, dans ce domaine-là, s’appelle l’opinion publique.

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