Alors que le Paris Saint-Germain s’apprête à disputer la première finale de Ligue des Champions de l’ère Luis Enrique, face à l’Inter Milan, les déclarations de Medhi Benatia, actuel directeur du football de l’Olympique de Marseille, n’ont laissé personne indifférent. Invité dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC, l’ancien défenseur marocain a dû se positionner entre deux entités qui ont marqué son parcours : le PSG et l’Inter.
Entre attachement personnel et loyauté marseillaise, un choix cornélien
Benatia a d’emblée rappelé ses liens avec les deux géants européens. D’un côté, Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, qu’il a côtoyé durant son passage au Qatar et avec qui il entretient une relation de respect mutuel. De l’autre, Giuseppe Marotta, homme fort de l’Inter Milan et responsable de son arrivée à la Juventus en 2016.
« J’ai beaucoup de respect pour Nasser, (…) c’est une belle personne », a souligné Benatia avant de poursuivre : « En face, il y a monsieur Marotta, une personne extraordinaire. (…) Mais aujourd’hui, je suis à l’OM, et j’aimerais bien que ça continue comme ça – on est encore les seuls à l’avoir fait (gagner la Ligue des champions en 1993) ».
En clair, Benatia penche pour l’Inter Milan. Un choix dicté plus par sa loyauté vis-à-vis du club phocéen que par un désamour du PSG. Le message sous-jacent est limpide : tant que le PSG n’aura pas égalé Marseille sur le palmarès européen, l’OM conserve ce privilège historique qui alimente sa rivalité éternelle avec Paris.
Le PSG de Luis Enrique, version la plus collective de l’ère QSI ?
Malgré son soutien à l’Inter, Medhi Benatia n’a pas tari d’éloges sur le Paris Saint-Germain actuel, notamment sur sa transformation structurelle et mentale depuis le départ de Kylian Mbappé et l’arrivée de Luis Enrique.
Sur beIN Sports, il a déclaré : « Ce PSG que j’ai vu sur les cinq derniers mois, c’est peut-être — non, c’est même sûr — le meilleur PSG que j’ai vu depuis le début de l’ère QSI. Aujourd’hui, c’est une équipe tout court ».
Ce constat soulève un point clé : le PSG a franchi un cap collectif. Fini l’empilement de stars sans cohérence tactique. Place à une équipe qui travaille ensemble, défend ensemble et attaque ensemble. Cette dynamique nouvelle, vue face à Aston Villa ou Arsenal en Ligue des Champions, est l’une des raisons majeures de cette finale retrouvée, quatre ans après celle perdue face au Bayern Munich en 2020.
Un écho puissant à la rivalité OM – PSG
La déclaration de Benatia, bien que teintée de respect, s’inscrit dans la complexité de la rivalité historique entre Paris et Marseille. En tant que responsable d’un club qui reste le seul vainqueur français de la Ligue des Champions, il se devait d’affirmer une préférence stratégique, presque politique. La symbolique est forte : si Paris l’emporte, l’OM perd une partie de son aura historique.
Cependant, le respect exprimé envers Al-Khelaïfi et la reconnaissance du travail accompli par le PSG démontrent l’évolution des mentalités. Le PSG n’est plus vu uniquement comme un club aux moyens illimités, mais comme une machine de guerre sportive, bien huilée.
Avec une finale contre l’Inter Milan en ligne de mire, et malgré le soutien mesuré de Benatia à l’adversaire, le PSG peut savourer une forme de victoire : parvenir à être respecté même par ses plus farouches rivaux. Pour les supporters parisiens, le rendez-vous du 31 mai dépasse donc largement le cadre d’une simple finale. Il symbolise peut-être, enfin, le moment où Paris entre pleinement dans la cour des très grands.