Son nom sonne comme une promesse : Branko Bošković. Au début des années 2000, il incarne l’avenir du football des Balkans. Mais son passage au Paris Saint-Germain restera une occasion manquée, à l’image d’un club en quête d’identité après le départ de Ronaldinho.
2003, le PSG cherche la relève de Ronaldinho
L’été 2003 marque un tournant pour le PSG. Le génie brésilien Ronaldinho fait ses valises pour Barcelone. Véritable fer de lance de l’équipe, le « R10 » laisse un vide immense. Paris cherche son nouveau meneur de jeu, et les regards se tournent un temps vers un jeune prodige brésilien en pleine ascension : Kaká. L’AC Milan l’a déjà signé, mais envisage un prêt. Le joueur lui-même confiera plus tard à FourFourTwo, en 2014, qu’il avait donné son accord pour rejoindre la capitale française. Finalement, les dirigeants lombards décident de le retenir.
Privé de Kaká, le PSG opte pour une autre pépite prometteuse : Branko Bošković, issu de l’Étoile Rouge de Belgrade. Flamboyant en ex-Yougoslavie, où il a remporté plusieurs titres, le jeune gaucher débarque à Paris à 23 ans pour 6 millions d’euros. L’entraîneur Vahid Halilhodžić mise sur lui pour orchestrer le jeu parisien.
Un début encourageant avant l’effondrement
La première saison (2003-2004) du Monténégrin sous les couleurs parisiennes est plutôt honorable : 28 matchs, 3 buts, 4 passes décisives. Le PSG termine 2e de Ligue 1 et remporte la Coupe de France. Bošković n’est pas une star, mais il semble trouver sa place.
Pourtant, la dynamique se casse dès la saison suivante. Le recrutement de Jérôme Rothen, plus expérimenté et plus enclin aux exigences physiques du championnat français, relègue le Monténégrin sur le banc, voire en tribunes. Seule éclaircie : un doublé retentissant contre l’OM au Vélodrome (2-3) en Coupe de la Ligue, en novembre 2004. Un match d’anthologie qui aurait pu relancer sa carrière parisienne. Mais l’exploit restera sans lendemain.
Une descente aux enfers jusqu’à l’exil
La saison suivante (2005-2006), Bošković est prêté à Troyes. Un passage éclair, sans relief : seulement quelques apparitions sous les ordres de Jean-Marc Furlan. De retour à Paris, son sort est scellé. Il quitte le PSG à l’été 2006, après un accord amiable pour résilier son contrat.
Branko Bošković quittera la France avec un goût d’inachevé. Il retourne brièvement au pays au Rad Belgrad avant de relancer sa carrière en Autriche, au Rapid Vienne. Un contraste saisissant : pendant que Bošković tente de se reconstruire, Kaká – que Paris n’a pas su récupérer – est sacré Ballon d’Or 2007.
Un symbole des paris risqués de la décennie 2000
À travers le cas de Bošković, c’est le Paris Saint-Germain d’avant-QSI qui transparaît : un club encore en quête de stabilité, naviguant entre intuition, paris audacieux et manque de suivi. Si le potentiel du Monténégrin était réel, le contexte, le management et la pression du haut niveau parisien ont eu raison de lui.
Depuis, le PSG a profondément changé de dimension, apprenant (souvent à ses dépens) à mieux encadrer ses jeunes talents et à structurer sa politique de recrutement. Bošković n’était pas simplement un échec : il incarne une époque.