Longtemps perçu comme l’un des joyaux les plus prometteurs du centre de formation du PSG, Warren Zaïre-Emery traverse en ce début d’année 2025 une période de turbulences. Sa montée en puissance, entamée dès ses premières apparitions professionnelles à seulement 16 ans, semble aujourd’hui marquer un coup d’arrêt. Une situation que le Paris Saint-Germain, engagé sur plusieurs fronts cette saison, peine à expliquer.
Une place de moins en moins assurée dans le onze de Luis Enrique
Depuis l’arrivée du milieu portugais Joao Neves à l’été 2024, combinée à la montée en puissance de Vitinha et Fabian Ruiz, la concurrence s’est intensifiée au milieu de terrain parisien. Résultat : le jeune Zaïre-Emery peine à retrouver sa place parmi les titulaires. Son absence du onze lors de rendez-vous cruciaux, comme le choc face à la Juventus en Ligue des Champions (victoire 1-0), en disait déjà long sur le recul de son statut.
Lors du Classique face à l’OM, sa titularisation – en l’absence de Neves – représentait un test essentiel. Mais ses 78 minutes au Vélodrome, ponctuées par seulement 3 duels gagnés sur 9 et une influence limitée sur le jeu, n’ont pas permis de redorer son blason. « Pour nous, il est dans un bon moment mais c’est vrai qu’on pensait qu’il serait dans la continuité à Marseille », a confié un membre du club à L’Équipe. Un constat en demi-teinte, alors que les Parisiens auront besoin de toutes leurs forces pour espérer réussir le triplé Ligue 1 – Coupe de France – Ligue des Champions.
Physiquement prêt mais mentalement en difficulté ?
Ce qui interpelle le plus dans cette baisse de régime, c’est que les voyants physiques sont au vert. Les données internes le confirment : le joueur affiche des statistiques athlétiques largement conformes aux attentes. Capacité à répéter les efforts, explosivité, récupérations hautes… tous les signaux semblent être là. Il avait d’ailleurs montré de belles choses en janvier dernier lors de la victoire contre Lens (2-0), où il avait retrouvé sa fameuse capacité de cassure de lignes balle au pied.
Mais le mal semble ailleurs. En interne, on évoque la pression croissante autour du joueur, désormais âgé de 19 ans. Après avoir connu une ascension fulgurante au sein du PSG, des Bleuets et même des A, où il a été appelé fin 2023, Zaïre-Emery porte sur ses épaules les attentes de tout un club… et d’un pays. « Warren est un garçon intelligent… Il sait que quand c’est bien, tout est génial. Et dès que c’est un peu moins bien… Lui continue de travailler, il a la confiance du coach », confiait une voix interne au club au micro de L’Équipe. Reste à savoir s’il saura canaliser cette pression pour retrouver son impact d’antan.
Enjeux pour le PSG et pour l’équipe de France
Au-delà du cas individuel, ce coup de mou de Zaïre-Emery pose aussi une question plus large de gestion des jeunes talents au PSG. Avec la probable reconduction de Luis Enrique jusqu’en 2026, l’idée est d’installer une rotation fiable et d’extraction maison. Ne pas voir Zaïre-Emery progresser dans une saison charnière pourrait fragiliser l’identité du projet parisien, déjà privée de figures tricolores comme Kylian Mbappé, désormais au Real Madrid.
Pour l’équipe de France, l’enjeu est également de taille : à un peu plus d’un an de la Coupe du monde 2026, une non-régularité au PSG pourrait coûter cher à Zaïre-Emery dans la hiérarchie de Deschamps, où la concurrence ne manque pas (Camavinga, Tchouaméni, Guendouzi…).
Conclusion : alors que le PSG attaque la dernière ligne droite de la saison avec des ambitions XXL, le réveil de Warren Zaïre-Emery pourrait être l’un des facteurs X de cette fin de parcours. Et c’est aussi sur ce genre de reconquête individuelle que se construisent les grandes dynasties sportives.