Depuis le début de la saison 2024-2025, Gonçalo Ramos divise. Encore une fois aligné d’entrée par Luis Enrique face à Lille, l’attaquant portugais est passé à côté de sa rencontre. Pourtant déjà auteur de quatre buts cette saison, tous inscrits en tant que remplaçant, l’ancien buteur de Benfica semble incapable d’avoir le même impact lorsqu’il débute une rencontre au PSG. Ce paradoxe tactique est aujourd’hui au cœur du chantier offensif de Luis Enrique.
Le fantôme de Pierre-Mauroy : Ramos transparent face à Lille
Le 7e acte de la saison de Ligue 1 offrait au Paris Saint-Germain un vrai test sur la pelouse du LOSC. Et pour Gonçalo Ramos, une nouvelle occasion de convaincre Luis Enrique. Titularisé seul en pointe dans le 4-3-3 habituel du coach espagnol, le Portugais a livré une prestation tristement vide.
Dans une rencontre globalement animée, Ramos s’est illustré par… son absence. Touchant seulement 28 ballons (dont 8 en première période), incapable de se mettre en position de frappe avant la 95e minute, il a traversé le match comme un fugitif invisible. Jamais trouvé entre les lignes, débordé par l’intensité lilloise, il a semblé en décalage avec les circuits huilés du PSG. La presse hexagonale ne l’a pas épargné : L’Équipe lui a attribué un sévère 3/10, pointant notamment son « manque d’activité dans les appels » et son « absence quasi totale dans le pressing ».
Luis Enrique, fidèle à son approche méthodique, ne l’a pas accablé publiquement. Mais implicitement, cette prestation pèse lourd dans la balance en vue des prochaines titularisations au sein d’un club qui vise haut, et où la concurrence en attaque est implacable (Barcola, Kolo Muani, Asensio, voire le prometteur Ethan Mbappé repositionné plus haut).
Un supersub d’élite, mais un titulaire inefficace : le paradoxe Ramos
Ce qui frappe chez Ramos, c’est la métamorphose lorsqu’il entre en cours de match. Cette saison, il a marqué 4 fois… sans avoir jamais trouvé le chemin des filets en tant que titulaire. Le contraste est saisissant : remplaçant, il dévore les espaces, attaque les ballons dans une défense déséquilibrée. Titulaire, il semble figé dans les automatismes du PSG, comme laissé de côté par un collectif qui ne l’intègre pas pleinement.
Plusieurs facteurs expliquent cette dualité. Entrer en fin de match permet de profiter d’adversaires fatigués, d’avoir plus de liberté dans les déplacements, et d’agir sans la pression d’un titulaire censé faire basculer la rencontre. Or, cette capacité à performer en sortie de banc est une force… mais aussi une limite. Car pour prétendre à une place durable au Paris Saint-Germain, un attaquant de pointe doit être plus qu’un couteau suisse : il doit être un leader offensif.
Luis Enrique, adepte du jeu de position et du pressing organisé, demande à ses attaquants une implication totale dans la construction, le mouvement sans ballon et le repli défensif. Ramos souffre ici de la comparaison avec Randal Kolo Muani ou même Marco Asensio, efficaces dans des rôles hybrides, capables de décrocher, presser, et finir.
Un avenir à court terme indéfini dans la hiérarchie parisienne
Si rien n’est encore figé, l’impression qui se dégage aujourd’hui est celle d’un Ramos plus à l’aise en joker qu’en titulaire. À terme, cela peut devenir un frein, surtout avec un PSG engagé sur plusieurs tableaux : Ligue 1, Ligue des champions 2024-2025, Coupe de France…
L’enjeu pour Luis Enrique sera de trancher : maintenir la dynamique du Portugais en sortie de banc, ou lui offrir une nouvelle opportunité de prouver qu’il peut incarner l’avenir de la pointe parisienne. Pour Gonçalo Ramos, l’heure est à l’adaptation, ou au risque de passer à côté d’un projet qui ne lui laissera pas éternellement une marge d’erreur.
Si les performances ne s’améliorent pas rapidement en tant que titulaire, la direction pourrait revoir ses priorités lors du mercato estival 2025 – avec en ligne de mire, un véritable profil de numéro 9 capable de porter l’attaque du PSG post-Mbappé.