Ultras du PSG : Non, le CUP n’est pas rémunéré par le club, répond Romain Mabille

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par Maxime Nauzit

Le Collectif Ultras Paris (CUP), fer de lance de l’ambiance du Parc des Princes et acteur incontournable du soutien au Paris Saint-Germain, fait régulièrement l’objet de spéculations sur sa relation avec le club. En 2025, ces rumeurs ont refait surface, alimentées par l’image d’une proximité entre le CUP et certains dirigeants ou joueurs, alimentant le fantasme d’une collusion financière. Mais cette fois, Romain Mabille, président du CUP, a répondu sans détour aux accusations.

Le CUP, un pilier indépendant du soutien au PSG

Dans un entretien accordé à ICI Paris-Île-de-France, Romain Mabille a été catégorique : « Tu ne peux pas être supporter et être rémunéré par le club, ça ne va pas ensemble, il y a conflit d’intérêt. » Une prise de parole qui vise à couper court à des rumeurs persistantes sur une éventuelle rémunération, que ce soit de la part du PSG, de la direction (notamment Nasser Al-Khelaïfi) ou d’anciens joueurs comme Kylian Mbappé, désormais au Real Madrid depuis l’été 2024.

Selon Mabille, aucun membre du CUP n’a jamais été payé par le club. Il martèle : « Aucune personne du CUP n’est rémunérée par le club. » Un message fort, dans un contexte où l’indépendance des groupes de supporters est souvent questionnée, notamment dans les clubs à forte exposition médiatique comme le PSG.

Cette mise au point s’inscrit dans une volonté de préserver la légitimité du CUP, au cœur des tribunes Auteuil depuis sa refondation en 2016. L’organisation a joué un rôle crucial dans la relance du mouvement ultra au Parc après des années de tension post-« plan Leproux ». Aujourd’hui, alors que le club capitalise sur son projet sportif post-Mbappé et continue de viser le sommet de l’Europe, la voix des supporters reste un pilier du projet parisien… mais jamais au détriment de leur indépendance.

La frontière entre proximité et influence

Les rumeurs de rémunération sont apparues à la suite d’informations évoquant des relations cordiales entre certains cadres du CUP et des membres de l’effectif professionnel. Notamment à l’époque de Kylian Mbappé, lorsque la star française entretenait un dialogue régulier avec les tribunes. Si ces rapports peuvent enrichir la relation club-supporters, ils peuvent aussi soulever des interrogations autour d’éventuels intérêts croisés.

C’est là qu’intervient la notion clé soulevée par Mabille : le conflit d’intérêts. Dans un club de la dimension du PSG, où chaque geste, chaque mot, chaque silence est interprété, les relations doivent être scrutées avec rigueur. Si certains clubs européens entretiennent des liens financiers avec leurs groupes ultras pour encadrer et canaliser leur action, le PSG semble ici vouloir éviter tout amalgame.

Le CUP, en se plaçant hors du jeu économique du club, renforce sa légitimité. Dans un Paris Saint-Germain 2025 en pleine transformation – avec la montée en puissance de Warren Zaïre-Emery, le renforcement de la structure sportive par Luis Campos, et un Parc des Princes souvent au centre des débats –, la parole des tribunes joue un rôle d’équilibre symbolique. Et ce positionnement ‘main propre – cœur rouge et bleu’ du CUP pourrait peser dans les négociations futures autour du stade ou de la gouvernance du supportérisme à Paris.

Un enjeu d’image et de gouvernance à ne pas sous-estimer

Dans l’univers impitoyable du football moderne, où le marketing et la stratégie commerciale mènent souvent la danse, préserver une culture tribune authentique est un défi complexe. Le PSG, avec son ambition de devenir une marque globale, doit conjuguer cet objectif avec l’âme populaire et militante du Parc.

Le CUP joue donc un rôle d’équilibriste. Et pour que son action ait un vrai poids dans les débats autour de l’identité du club, son indépendance est essentielle. La récente déclaration de Romain Mabille ne se contente pas de nier des rumeurs : elle rappelle les fondations mêmes du mouvement ultra. Et pose la base d’un dialogue sain avec la direction, tant que chacun reste à sa place.

Alors que le PSG poursuit sa quête d’une première Ligue des Champions post-Mbappé et entraîne un effectif recomposé par Luis Enrique dans sa deuxième saison sur le banc, la stabilité des tribunes – véritable force 12e homme – sera cruciale. Et cette stabilité dépend aussi d’une chose : la confiance des supporters envers ceux qui les représentent. Avec cette mise au clair, Romain Mabille et le CUP entendent continuer à faire battre le cœur du Parc… sans en vendre l’âme.

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