Vendredi soir, le Parc des Princes a connu un choc venu d’Alsace. Face au PSG, leader de Ligue 1 et auréolé de son récent titre européen, un inconnu du grand public a pris le projecteur de plein fouet : Joaquín Panichelli. Un doublé sensationnel pour l’attaquant de 22 ans du RC Strasbourg, des statistiques impressionnantes et une prestation qui affole l’Espagne comme la France. Décryptage d’une performance qui pose de vraies questions sur la solidité du Paris Saint-Germain en l’absence de Kylian Mbappé.
Joaquín Panichelli, nouveau phénomène de Ligue 1
Son nom circulait discrètement depuis quelques semaines. Mais ce match contre le PSG a catapulté Joaquín Panichelli dans une toute autre dimension. Recruté pour 16,5 millions d’euros (plus 3,5 de bonus) en provenance d’Alavés après une saison remarquable en D2 espagnole (21 buts, 8 passes), l’Argentin a confirmé tout son potentiel. Auteur d’un doublé (13’ et 34’) face à Donnarumma, son aisance dans le jeu aérien et dos au but a fait des ravages dans la défense parisienne pourtant composée de Lucas Hernández et Milan Škriniar.
Liam Rosenior, entraîneur du RC Strasbourg, s’est montré dithyrambique dans les colonnes de L’Équipe : « Je n’ai jamais vu un n°9 faire un tel match. » Avec 55 ballons touchés et seulement trois passes manquées sur 31, Panichelli a été le point focal du jeu alsacien, à la fois finisseur et relais. Son second but, une tête décroisée monumentale sur corner, est déjà classé parmi les plus beaux de la saison par plusieurs observateurs.
Un PSG dominé dans l’impact et fébrile défensivement
Si le PSG a arraché un nul 3-3 grâce notamment à un éclair de Barcola et un pénalty d’Ousmane Dembélé, c’est surtout le manque de solidité défensive et de maîtrise qui interpelle. Mené 1-3 à la 60e minute devant son public, Paris a semblé étouffé par l’intensité de Strasbourg, et dépassé par la mobilité du trio Panichelli-Barco-Enciso.
Le pressing haut des visiteurs a mis en lumière les carences persistantes dans la relance parisienne, accentuées par l’absence de Marquinhos (blessé) et le repositionnement hasardeux de Vitinha en sentinelle. Luis Enrique, interrogé en conférence d’après-match, a reconnu « un match difficile dans l’intensité » mais a salué le retour au score. Toutefois, la répétition des scénarios où Paris concède l’ouverture du score est préoccupante dans la perspective de la Ligue des Champions.
Espagne en feu, Paris sous le choc
De l’autre côté des Pyrénées, la performance de Panichelli n’est pas passée inaperçue. Le quotidien sportif AS titrait : « Du Mirandés à congeler le PSG« . La presse ibérique souligne l’ascension fulgurante de l’attaquant, passé de l’ombre de la Segunda División à la lumière du Parc des Princes.
La station espagnole COPE parle quant à elle d’un PSG « ayant survécu à la voracité de Panichelli ». L’Argentin, surnommé par certains le « nouveau Batistuta », est décrit comme « aérien, instinctif et impossible à freiner ». Même si Luis Enrique tient un vestiaire expérimenté, ce genre de prestation bouscule les certitudes et rappelle que la Ligue 1 ne se gagne pas seulement sur papier.
Quelles leçons pour le PSG ?
À l’approche des phases à élimination directe de la Ligue des Champions, le PSG ne peut plus se permettre d’afficher de telles lacunes défensives. Si Lucas Beraldo et Škriniar peinent à dégager une solidité durable, le retour de Marquinhos sera vital. Au milieu, la dépendance à Manuel Ugarte dans le combat est évidente. Et offensivement, sans Mbappé parti au Real Madrid, Paris manque encore d’un tueur aussi clinique que Panichelli vendredi soir.
Le staff parisien devra vite corriger le tir. Car si Strasbourg peut mettre le feu au Parc, que dire d’un Bayern ou d’un Real dans le grand bain européen ?