Le Paris Saint-Germain, toujours à l’affût sur les jeunes talents européens, voit une piste s’envoler sous son nez. Alors que le club de la capitale avait coché le nom d’Ali Maamar, latéral polyvalent d’Anderlecht et champion du monde U20 avec le Maroc, il pourrait finalement se faire griller par… l’Olympique de Marseille. Analyse d’un dossier qui soulève des questions sur la stratégie parisienne en matière de jeunes talents à fort potentiel.
Ali Maamar, un bijou défensif déjà très convoité
À seulement 20 ans, Ali Maamar est déjà sur les radars des plus grandes écuries européennes. Évoluant à Anderlecht, où il enchaîne les prestations solides en Jupiler Pro League, ce défenseur latéral marocain s’est surtout illustré lors de la Coupe du Monde U20 2025, remportée par le Maroc en Indonésie. Son profil de joueur capable d’évoluer aussi bien à droite qu’à gauche en fait une denrée rare et précieuse.
Valorisé à seulement 2 millions d’euros selon Transfermarkt, Maamar représente une opportunité en or pour les clubs sachant miser sur le potentiel. Et c’est là que l’OM, à la manœuvre grâce à son directeur sportif Mehdi Benatia, entend tirer son épingle du jeu. D’après Foot Mercato, les Marseillais seraient même en pole position, devançant des poids lourds comme le PSG ou le FC Barcelone.
Problème de taille : Maamar est sous contrat jusqu’en 2028 avec Anderlecht, un facteur qui pourrait faire grimper les enchères et forcer les clubs intéressés à revoir leur copie.
Le PSG à la traîne ? Ce que révèle cette bataille pour Maamar
Voir l’OM griller la priorité au PSG sur un dossier aussi prometteur interpelle. Car si le club parisien possède les moyens financiers pour conclure ce type de transfert, c’est peut-être sur le plan structurel que le bât blesse. Depuis l’été 2023 et le départ de Kylian Mbappé au Real Madrid, le PSG a opéré une refonte stratégique en misant davantage sur des profils jeunes et engagés dans un projet collectif sur le long terme (Lee Kang-In, Ugarte, Zaïre-Emery).
Mais dans cette quête de jeunesse, le secteur défensif, et notamment les latéraux, reste une zone où Paris tâtonne. Achraf Hakimi monopolise le flanc droit, mais peu de concurrence crédible existe derrière lui. À gauche, le PSG a multiplié les tests (Lucas Hernandez, Nuno Mendes revenu de blessure), sans véritable remplaçant de qualité pour suppléer ou faire souffler les titulaires.
Ali Maamar aurait pu combler ce manque de profondeur. Son profil rappelle celui d’un Ferland Mendy des premières années : puissant, courageux, percutant, et surtout à l’aise des deux côtés. Le voir filer à Marseille, surtout à un prix abordable, serait un signal fort — voire dérangeant — pour la cellule de recrutement parisienne dirigée par Luis Campos.
Quels enjeux pour la suite de la saison ?
Pour le PSG, l’échec éventuel dans ce dossier ne sera pas dramatique mais symptomatique d’un manque d’agressivité sur certains profils dits “transversaux”, qui ne font pas immédiatement rêver les foules mais offrent un excellent retour sur investissement sportif et économique. Dans une saison 2024-2025 où Paris reste engagé sur trois tableaux (Ligue 1, Ligue des Champions et Coupe de France), le besoin de rotation intelligente est indispensable.
Côté marseillais, réussir ce transfert serait une opération stratégique majeure : offrir une solution fiable à De Zerbi sur les ailes, dans un contexte d’enchaînement des matchs, et affirmer un nouveau positionnement marseillais sur le marché des jeunes talents. Battre le PSG et le Barça sur un même dossier, aussi symbolique soit-il, serait un signal fort — et une victoire morale non négligeable dans la guerre psychologique du football hexagonal.
Affaire à suivre donc, mais cette course pour Ali Maamar illustre une dynamique nouvelle en Ligue 1 : le talent ne suffit plus, encore faut-il savoir convaincre vite… et bien.