Lucas Chevalier en difficulté au PSG : la tactique de Luis Enrique trop exigeante ?

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par Maxime Nauzit

Arrivé en grande pompe au Paris Saint-Germain à l’intersaison 2024, Lucas Chevalier peinait à convaincre dès les premières journées de Ligue 1. Défenseur d’un jeu au pied précis et capable d’arrêts réflexes spectaculaires à Lille, le jeune portier peine à reproduire ses performances dans la capitale. Pourquoi un tel écart de niveau ? Sur les plateaux comme dans les vestiaires, une explication revient : le système de Luis Enrique ne lui convient pas. Décryptage.

Une philosophie de jeu qui déstabilise Chevalier

Lucas Chevalier est au cœur des débats depuis ses deux erreurs face à l’Olympique Lyonnais (défaite 2-1 du PSG, 13e journée). Selon Thierry Barnerat, entraîneur de gardiens reconnu et collaborateur de longue date de Thibaut Courtois, c’est la stratégie de Luis Enrique qui expose Chevalier à ce genre de situations compliquées. Sur les ondes de RMC Sport, il explique :

« Les deux actions sont identiques parce qu’il doit répondre à l’exigence tactique de Luis Enrique, qui demande de rester très proche du bloc défensif pour limiter les espaces. Mais on ne peut pas coacher un gardien comme ça, car il doit toujours défendre son but en situation défensive ».

Ce positionnement plus haut sur le terrain, prôné par l’entraîneur espagnol, impose un standing technique et tactique extrêmement précis. Il est fait pour des gardiens à la relance rapide, capables de bien lire le jeu dans le dos de leur défense. Chevalier, qui excelle plus dans les phases de réaction que d’anticipation, se retrouve parfois trop exposé, ce qui a coûté cher aux Parisiens à plusieurs reprises.

Fragilité émotionnelle : Chevalier sous pression

Au-delà de l’aspect purement tactique, l’ancien gardien du LOSC semble également en délicatesse sur le plan mental. Toujours selon Barnerat, Chevalier avait pleinement conscience du changement d’environnement en rejoignant Paris :

« Avant de signer, il avait dit : ‘Si je fais une erreur au PSG, il y aura trois pages, si j’en fais une à Lille, il y aura trois lignes’. Il a une très grande charge émotionnelle », précise-t-il. Ce fardeau semble aujourd’hui visible dans l’attitude du joueur, qui donne parfois l’impression d’un manque d’assurance, notamment contre les Gones où son body language trahissait une forme de fébrilité inhabituelle.

Les attentes à Paris sont d’un tout autre calibre que dans le Nord. Le PSG vise toujours les sommets – Ligue des Champions en tête – et chaque prestation est scrutée à la loupe. Dans ce contexte, la gestion émotionnelle devient presque aussi importante que les qualités techniques pour un numéro un dans les cages.

Un Luis Enrique toujours protecteur… jusqu’à quand ?

Si une partie de la presse commence à questionner l’adéquation entre Chevalier et le projet de Luis Enrique, ce dernier reste pour l’instant ferme dans son soutien. En conférence de presse après la défaite face à Lyon, il a déclaré :

« L’erreur n’est pas du gardien. Sur le plan défensif, on a fait des erreurs sur les deux buts… Il faut savoir quand avancer la ligne et quand il ne faut pas l’avancer ».

Un discours qui contraste avec l’analyse technique de nombreux observateurs mais qui témoigne de la volonté du coach espagnol de responsabiliser l’ensemble du collectif plutôt que d’isoler Chevalier. Cette solidarité affichée sera-t-elle suffisante si les mauvaises performances persistent ? Rien n’est moins sûr à l’approche des joutes européennes, où chaque boulette peut coûter un éventuel quart ou une demi-finale.

Appelé en équipe de France par Didier Deschamps malgré ses difficultés, Lucas Chevalier bénéficie pour l’instant de la confiance des instances sportives nationales comme de son club. Mais l’exigence au PSG est sans pitié. Si le jeune gardien ne relève pas rapidement la tête, la question d’une éventuelle rotation – voire d’un recrutement – pourrait bientôt se poser.

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