Ballon d’Or 2025 : Simeone critique l’oubli de Raphinha au profit de Dembélé

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par Maxime Nauzit

Le sacre d’Ousmane Dembélé au Ballon d’Or 2025 a déclenché autant d’admiration que de remarques perplexes. Parmi elles, celle de Diego Simeone retient particulièrement l’attention. L’entraîneur de l’Atlético de Madrid, jamais avare en franc-parler, a exprimé haut et fort ce que beaucoup pensent tout bas : Raphinha méritait davantage.

Simeone salue Raphinha et grince face au Ballon d’Or

Après la défaite de l’Atlético face au FC Barcelone (3-1), Simeone ne s’est pas réfugié derrière des excuses. Mieux, il s’est arrêté longuement sur l’homme qui a dynamité son équipe : Raphinha. Interrogé par Movistar+, le technicien argentin a déclaré : « Raphinha est un joueur exceptionnel. Il peut évoluer partout : ailier, milieu, attaquant, voire arrière latéral. Il marque, crée des occasions, presse et travaille sans relâche. » (source : Movistar).

Un hommage rare qui en dit long sur la performance du joueur lors de ce choc de Liga, mais aussi sur la perception de Simeone quant à l’impact du Brésilien cette saison. Son coup de gueule savamment dosé est clair : Raphinha, cinquième du Ballon d’Or 2025, aurait dû l’emporter, devant Ousmane Dembélé, désormais pièce maîtresse d’un PSG en quête d’une nouvelle identité offensive après le départ de Mbappé.

Une déclaration forte, dans un climat où les récompenses individuelles font toujours débat. Si Dembélé réalise effectivement une saison pleine à Paris (12 buts, 16 passes toutes compétitions confondues selon les chiffres de l’UEFA), Raphinha affiche lui aussi des statistiques solides au Barça, avec une influence souvent plus marquée sur le jeu catalan.

Raphinha, l’oublié d’une saison dominée

En amont de la cérémonie du Ballon d’Or, Raphinha ne figurait même pas dans la liste du FIFPro World XI — une anomalie criante pour beaucoup d’observateurs. Les grands noms comme Dembélé, Mbappé (désormais au Real Madrid) et Lamine Yamal ont volé la vedette à celui qui est pourtant régulièrement décisif.

Le Brésilien n’a pas caché son amertume. Il a inondé Instagram de 23 stories sur ses chiffres de la saison : 19 buts, 11 passes décisives, 85% de participation aux victoires du Barça en championnat. Cette frustration, visible, dit tout de l’incompréhension dans le clan catalan. Elle souligne également un manque de reconnaissance structurel pour un joueur polyvalent, souvent au service du collectif.

Et pendant ce temps, le FC Barcelone survole la Liga. Grâce à cette victoire sur l’Atlético, résultat d’une prestation collective aboutie et d’un Raphinha en état de grâce, les Catalans s’installent en haut du classement, maintenant leur écart avec un Real Madrid toujours menaçant.

Dembélé au PSG : au bon endroit, au bon moment ?

Cette polémique autour du Ballon d’Or soulève une autre question : la régularité et l’impact réel d’Ousmane Dembélé au PSG. Transféré à l’été 2023, dans un contexte post-Mbappé, le Français est devenu le symbole d’un nouveau projet plus collectif voulu par Luis Enrique. Le coach espagnol l’a repositionné plus axial, avec une liberté de mouvement accrue qui lui permet d’exploiter sa vision du jeu.

Résultat ? Une implication offensive indiscutable mais encore trop liée à l’état de forme de l’ensemble du collectif. Comparé à Raphinha, Dembélé est souvent moins constant sur 90 minutes. Mais la machine parisienne est bien plus visible à l’international que celle du Barça, ce qui a sans doute joué dans les votes.

Le Ballon d’Or est-il alors une affaire de storytelling plus que de mérite pur ? La sortie de Simeone semble l’affirmer. Et pour Paris, si ce trophée est une consécration individuelle, il rappelle aussi la pression qui pèse sur Dembélé à maintenir ce niveau. Le PSG joue gros cette saison : en Ligue 1 comme en Ligue des Champions, aucune erreur ne sera tolérée.

Conclusion : un Ballon d’Or qui laisse des traces

En dénonçant le déclassement de Raphinha, Diego Simeone met un coup de projecteur sur une décision controversée. Plus qu’une rivalité individuelle, ce débat reflète des dynamiques collectives en pleine mutation : le Barça en reconstruction, l’Atlético en quête d’un second souffle, le PSG en réinvention sans Mbappé.

Reste à savoir si Ousmane Dembélé confirmera son statut d’homme de l’année ou s’il retombera dans l’ombre d’un collectif parisien encore incertain. Et si, de l’autre côté des Pyrénées, Raphinha ne prendra pas une revanche éclatante en sortant le Barça d’un futur choc européen face au Paris SG. Ce serait, finalement, la meilleure réponse possible.

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