Il y a des choix de recrutement qui marquent l’histoire d’un club, parfois pour le meilleur… ou pour des occasions manquées. En 2015, le Paris Saint-Germain tenait entre ses mains un talent encore en pleine éclosion : Kevin De Bruyne. Mais contre toute attente, c’est Angel Di Maria qui atterrira au Parc des Princes. Pourquoi ce choix ? Quels étaient les enjeux et conséquences ? Retour sur cette décision qui aurait pu transformer l’avenir du PSG.
2015 : Le croisement décisif entre Di Maria et De Bruyne
Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’un joueur aussi influent que Kevin De Bruyne ait pu passer si près de signer au PSG. Pourtant, c’est bien ce que révèle Luis Ferrer, ancien cadre du recrutement parisien, dans une interview diffusée par le journaliste belge Sacha Tavolieri. Selon Ferrer, le club de la capitale était en négociation active avec deux profils offensifs majeurs : Angel Di Maria et Kevin De Bruyne. À l’époque, l’international belge sortait d’une saison XXL avec Wolfsburg en Bundesliga, couronné meilleur passeur d’Europe.
Mais finalement, c’est Di Maria qui convainc la direction parisienne. « Ce n’était pas une question d’argent, les deux joueurs étaient à égalité dans l’esprit de Laurent Blanc« , précise Luis Ferrer, expliquant que la bascule s’est jouée sur des détails logistiques et humains. Di Maria vivait une situation personnelle difficile à Manchester United, notamment après un cambriolage traumatisant. L’Argentin souhaitait impérativement quitter l’Angleterre, rendant son transfert beaucoup plus accessible que celui de De Bruyne, alors déjà très courtisé.
Un choix aux influences sur l’histoire du PSG
Sur le moment, difficile de critiquer ce choix. Angel Di Maria arrivait fort de son passage au Real Madrid, auréolé d’un titre en Ligue des Champions, et a régalé le Parc des Princes pendant sept saisons. Entre passes millimétrées et buts clés en Ligue 1 comme en C1, El Fideo est entré dans l’histoire du club, devenant le meilleur passeur de l’histoire du PSG.
Mais que se serait-il passé si Paris avait misé sur Kevin De Bruyne ? Depuis 2015, le milieu offensif belge s’est imposé comme l’un des joueurs les plus influents du football mondial, élément-clé du Manchester City de Pep Guardiola, avec qui il a remporté cinq titres de Premier League et une Ligue des Champions en 2023. De Bruyne aurait-il permis au PSG de franchir ce fameux cap européen plus tôt ?
Ce choix illustre aussi les limites stratégiques d’un PSG alors encore centré sur des profils stars plutôt que sur la construction d’un collectif cohérent à long terme. Di Maria a certes brillé individuellement, mais De Bruyne incarnait déjà un projet de jeu, une vision, un chef d’orchestre que Paris a longtemps cherché.
2025 : Une leçon toujours d’actualité pour le PSG nouvelle génération
Aujourd’hui, sous l’impulsion de Luis Campos et Luis Enrique, le PSG semble avoir retenu la leçon. Le recrutement est plus ciblé, équilibré, axé sur la jeunesse (Barcola, Zaïre-Emery, Ugarte) et la complémentarité des profils. Finis les choix dictés uniquement par le prestige ou les coups marketing. Ce virage stratégique, amorcé en 2022, trouve une résonance directe dans l’histoire manquée du transfert de De Bruyne.
Alors que Kylian Mbappé évolue désormais au Real Madrid, Paris continue de reconstruire autour d’une ossature prometteuse, avec un vrai projet de jeu collectif. Une transformation qui rappelle à quel point les choix de recrutement du passé – et leurs ratés – influencent la ligne directrice d’un club.
En somme, le duel Di Maria – De Bruyne de 2015 restera un “et si ?” mémorable pour le PSG. Mais c’est précisément ce type de décision qui permet aujourd’hui au club parisien de mieux se structurer pour viser, enfin, le graal européen.