Depuis l’Arabie Saoudite, où il poursuit sa carrière au sein d’Al-Ittihad, Karim Benzema continue d’observer avec assiduité le football mondial et, en particulier, l’équipe de France. Dans une interview accordée à L’Équipe début 2025, le Ballon d’Or 2022 a provoqué une onde de choc médiatique en citant Ousmane Dembélé — actuel ailier phare du Paris Saint-Germain — comme étant, selon lui, le « meilleur joueur du monde » et un lauréat légitime du Ballon d’Or. Une déclaration forte qui relance non seulement le débat sur l’impact réel de Dembélé au PSG, mais aussi sur les critères de reconnaissance individuelle dans le football moderne.
Dembélé au PSG : une montée en puissance fulgurante
Ousmane Dembélé, arrivé au PSG à l’été 2023 en provenance du FC Barcelone, a connu une métamorphose. Après des débuts contrastés marqués par des pépins physiques et une adaptation précautionneuse au jeu parisien, l’ailier français s’est affirmé comme l’un des moteurs offensifs du collectif dirigé par Luis Enrique. En cette saison 2024-2025, Dembélé cumule déjà 12 buts et 16 passes décisives toutes compétitions confondues (chiffres arrêtés à mars 2025, selon Transfermarkt), positionnant le PSG en tête de Ligue 1 et toujours en lice en Ligue des Champions.
Sa capacité à éliminer, créer des décalages et déséquilibrer les défenses adverses est un cauchemar pour les défenseurs. Luis Enrique, son entraîneur au club de la capitale, l’utilise dans un rôle libre sur le flanc droit, où sa relation technique avec Vitinha et Asensio dynamite les défenses. L’ancien du Barça a également amélioré sa régularité et multiplié les efforts défensifs, éléments qui faisaient jadis défaut à son jeu.
Le soutien d’un Ballon d’Or : les coulisses politiques de l’éloge de Benzema
La déclaration de Benzema dans les colonnes de L’Équipe va au-delà d’un simple compliment. Elle entérine une forme de consécration médiatique pour Dembélé et envoie un message clair au sélectionneur Didier Deschamps. « On ne parle pas assez de ce qu’il a réalisé au PSG cette saison. C’est du jamais vu », a clamé Benzema, estimant que Dembélé mérite bien plus que le respect minimal qu’on lui témoigne régulièrement dans la sphère médiatique et populaire (L’Équipe, 2025).
L’ancien du Real Madrid, qui n’a pas définitivement tourné la page avec les Bleus, utilise peut-être aussi cette sortie pour s’immiscer une nouvelle fois dans le débat sur l’équipe de France. À 37 ans, son retour n’est pas exclu pour la Coupe du monde 2026, comme il l’a glissé dans l’interview. Mais surtout, son coup de projecteur sur Dembélé pourrait influencer les nominations futures, notamment lors du scrutin du Ballon d’Or 2025 où le Parisien pourrait être un outsider sérieux, à condition d’amener le PSG au sommet européen.
Un Ballon d’Or, vraiment ? Atouts, limites et comparaisons
Alors, Dembélé peut-il réellement viser le Ballon d’Or ? Sportivement, ses statistiques et sa régularité en 2024-2025 plaident en sa faveur. S’il maintient cette dynamique jusqu’à la fin de la saison et brille en Ligue des Champions (notamment dans les grandes affiches du printemps), il aura les cartes en main. Mais face à la concurrence (Jude Bellingham au Real, Haaland à City ou encore Musiala au Bayern), chaque grande performance pèsera lourd.
L’autre barrière reste son historique médical et la perception. Longtemps jugé inconstant, Dembélé souffre encore, à tort ou à raison, d’une réputation de joueur irrégulier. Or, le Ballon d’Or récompense autant la performance que l’aura. Un triplé en demi-finale de C1 ou une action décisive au Stade de France en finale pourrait suffire à faire basculer le jugement populaire.
Ce que cela change pour le PSG… et pour les Bleus
Pour le PSG, cette reconnaissance internationale booste la stature du club. Après le départ de Kylian Mbappé au Real Madrid, le club de la capitale cherche une nouvelle figure iconique. Si Dembélé continue sur cette lancée, il pourrait incarner le nouveau visage du projet parisien, davantage collectif mais toujours ambitieux.
Et en équipe de France ? La pression sur Deschamps s’accentue. Dembélé est désormais un incontournable dans le onze tricolore, mais la question d’une éventuelle association avec Benzema en 2026 renaît. En creux, Benzema ne fait pas juste un compliment : il distingue aussi les profils créatifs, comme Michael Olise ou Rayan Cherki (qu’il cite également dans l’interview), comme clés pour l’avenir tactique des Bleus.
Un coup de gueule médiatique ? Peut-être. Mais un impact stratégique et symbolique pour Dembélé, le PSG et les Bleus ? Assurément.