Paris perd une pièce maîtresse de son projet de formation au profit de Liverpool, preuve éclatante de la montée en puissance de son académie. Mais ce départ soulève des questions stratégiques en interne.
Un départ inattendu qui fragilise le Campus PSG
Le Paris Saint-Germain fait aujourd’hui face à un défi de taille dans son organigramme de formation. Selon les informations rapportées par Le Parisien, Bafodé Diakhaby, éducateur historique du club et responsable actuel de la préformation, s’apprête à quitter ses fonctions après près d’une décennie de service. L’homme de 36 ans, passé successivement par les équipes U14, U15 puis U16, était considéré comme l’une des figures de proue du développement du talent « made in PSG ».
Le départ de Diakhaby, motivé entre autres par des raisons personnelles et une saison éprouvante (ponctuée par un arrêt de travail), intervient à un moment-clé pour le club de la capitale, alors que sa politique de formation n’a jamais été aussi scrutée et valorisée.
Mais ce n’est pas la destination qui laisse indifférent : l’éducateur devrait rejoindre Liverpool. Un transfert symbolique plus que notable, le club anglais paraissant visiblement séduit par la qualité et la rigueur de la formation parisienne. Pour Paris, c’est la douloureuse confirmation que sa structure est désormais convoitée jusque dans ses coulisses stratégiques.
Liverpool cible la formation parisienne : alerte rouge à Paris
Ce départ s’inscrit dans une dynamique inquiétante vue depuis le Parc des Princes : les plus grands clubs européens surveillent désormais de très près le vivier parisien, non seulement sur le plan des jeunes pépites, mais aussi sur celui des formateurs-clefs. Le choix des Reds de miser sur un technicien comme Diakhaby, habitué à manier les subtilités de l’encadrement pré-élite, souligne l’intérêt d’un modèle qui fait aujourd’hui l’unanimité en Europe.
Ce coup porté par Liverpool a immédiatement provoqué une réaction en interne. Pour parer à l’urgence, les dirigeants parisiens ont proposé une promotion à Germain Borg, coach actuel des U15, afin qu’il reprenne aux commandes de la préformation. Problème : Borg n’a pas encore accepté l’offre selon nos informations. Ce flottement renforce la crainte d’un affaiblissement de la continuité technique au sein du Campus PSG.
Le récent essor des jeunes issus du centre de formation, à l’image de Warren Zaïre-Emery, Yoram Zague ou Ilyes Housni — tous passés par les mains de formateurs comme Diakhaby — confère une pression supplémentaire à cette réforme en cascade imposée par ce départ imprévu.
Un succès reconnu… aux conséquences douloureuses
Si Paris perd un acteur clé, il gagne aussi une reconnaissance internationale. Le fait que Liverpool — l’un des clubs les plus structurés d’Angleterre en matière de formation, à l’image de son « Academy Kirkby » — vienne débaucher un cadre parisien valide indirectement la qualité du projet parisien. Ce qui était souvent décrié ces dernières années comme « trop orienté stars » est en train de muer vers un modèle hybride entre excellence sportive et montée des talents locaux. Mais cette transition reste fragile.
À l’aube d’une saison 2025 attendue comme charnière pour le PSG dans ses objectifs européens, maintenir la solidité de la formation représente un enjeu décisif. Luis Campos et Nasser Al-Khelaïfi, qui ont accentué les investissements sur le Campus PSG depuis trois ans, vont devoir agir vite pour stabiliser l’encadrement technique – en misant soit sur l’organigramme interne, soit sur un renfort venu de l’extérieur.
Une certitude, enfin : le départ de Diakhaby vers Liverpool est un signal fort. Paris n’est plus seulement un réservoir de talents… c’est désormais une référence dans la formation en Europe. Et les grands clubs ne s’y trompent pas.