Le Trophée des Champions 2025 promet d’être plus qu’un simple match de prestige entre deux institutions du football français. À travers les propos tenus par Pablo Longoria, président de l’Olympique de Marseille, c’est tout un symbole qui est en train de se dessiner : celui d’un OM prêt à défier le Paris Saint-Germain sur tous les terrains, y compris celui de la suprématie nationale.
Un Trophée des Champions au goût de revanche
Le 8 janvier prochain, au Koweït, le PSG retrouvera l’Olympique de Marseille pour la finale du Trophée des Champions. Une rencontre symbolique, à la fois sportive et commerciale, que Pablo Longoria ne prend pas à la légère. Lors de sa conférence de mi-saison relayée par RMC Sport, le président marseillais a affirmé avec conviction : « Jouer une finale et être dans une situation où nous pouvons amener un titre nous tient à cœur. »
Ce discours direct est aussi une réponse à toutes les critiques récurrentes sur la supposée incapacité de l’OM à franchir un cap dans les grands moments. Longoria veut briser le cycle des frustrations et offrir un titre à son club, face à une équipe du PSG certes toujours favorite, mais en pleine reconstruction après le départ de Kylian Mbappé vers le Real Madrid à l’été 2024.
Le PSG, de son côté, abat une carte importante en ce début d’année. Un Trophée des Champions manqué face à un rival historique serait perçu comme une contre-performance pour Luis Enrique, qui, malgré un collectif cohérent, doit encore convaincre sur la scène nationale après la perte de son star player. L’effectif parisien, porté par Ousmane Dembélé, Gonçalo Ramos et Kang-In Lee, devra prouver que sa profondeur fait toujours la différence dans les moments décisifs.
Un PSG sous pression stratégique malgré une forme sportive stable
Sur le plan tactique, Luis Enrique semble avoir trouvé une certaine stabilité depuis la mise en place d’un 4-3-3 hybride, qui a permis au PSG de dominer la Ligue 1 avant la trêve. Mais face à un OM qui monte en régime sous De Zerbi, la finale s’annonce comme un véritable test mental et tactique. L’entraîneur catalan devra gérer un contexte tendu avec une équipe marseillaise « en mission » avec son président en porte-voix.
Le choix du Koweït comme terrain neutre ajoute une donne commerciale forte à cette finale. Longoria, pragmatique, reconnaît l’intérêt financier de l’événement : « Ça nous porte vers un budget de 3 millions d’euros », a-t-il indiqué, tout en insistant sur la nécessité d’améliorer la valeur commerciale des compétitions françaises. Un discours que le PSG ne peut qu’approuver stratégiquement, puisque le club capitalise depuis longtemps sur ses tournées internationales pour doper son image et ses revenus globaux.
Enjeux sportifs profonds pour Marseille et Longoria
Au-delà du match, c’est la dynamique globale de l’OM que Longoria cherche à booster. Il souhaite instaurer une culture de victoire, avec une équipe dirigée de main de maître par De Zerbi et un centre de formation repensé en profondeur. L’Espagnol espère voir émerger un nouveau vivier de talents locaux pour renforcer son équipe première, avec des profils à la Konaté ou Boubacar Kamara, passés trop rapidement entre les mailles du filet phocéen.
Cette volonté de structuration à long terme fait écho à celle du PSG dans les années 2010, qui avait aligné investissements massifs, attractivité commerciale et formation remaniée. Si Paris a consolidé son modèle économique, Marseille veut désormais en faire autant. Le duel dans le Golfe pourrait ainsi symboliser cette bascule : l’OM ne veut plus être un outsider, mais un challenger crédible.
Pour le PSG, ce match est également une opportunité de rappeler sa suprématie sur la scène hexagonale. Car même sans Mbappé, Paris reste la locomotive du football français – mais cette locomotive devra éviter le moindre déraillement en 2025, au risque d’écorner encore un peu plus son autorité sur le football national.
Conclusion : une finale au-delà du terrain
Le PSG est donc averti. Face à un Marseille remotivé, structuré et ambitieux, ce Trophée des Champions a tout d’un premier tournant de la saison. Longoria joue gros, et Paris aussi. Le choc du 8 janvier dépasse le cadre d’un simple match : il est la première pièce d’un échiquier qui déterminera l’allure de la saison 2025 pour deux géants en quête de légitimité.