Crise au PSG Féminin : Un mercato hivernal stratégique pour sortir de l’impasse ?

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par Maxime Nauzit

Alors que le PSG masculin rayonne en ce début d’année 2025 avec un sextuplé historique, la section féminine, elle, déraille. Entre mauvais résultats, gestion sportive critiquée et désillusions européennes, le Paris Saint-Germain version féminine traverse une zone de turbulence inattendue. Si l’été 2024 laissait entrevoir un renouveau ambitieux, la réalité est beaucoup plus nuancée en ce début 2025. Analyse d’un malaise profond et des pistes envisagées pour relancer la machine dès le mercato hivernal.

Des résultats qui interrogent : une première moitié de saison quasiment blanche

Le constat est brutal. Éliminées dès la phase de groupes en Ligue des champions féminine, largement battues à Lyon (1-6) en Division 1 Arkema et pénalisées administrativement pour une erreur de licence avec trois défaites sur tapis vert, les Parisiennes vivent l’un de leurs pires démarrages de saison depuis plusieurs années. Sixièmes du championnat à la trêve, elles sont désormais à 12 points de l’OL.

L’atmosphère est d’autant plus pesante que les critiques pleuvent en interne. Comme l’a révélé L’Équipe, de nombreuses voix en coulisse dénoncent la politique sportive récemment mise en place. Le directeur sportif Angelo Castellazzi ainsi que Sabrina Delannoy sont sur la sellette : choix de recrutement discutables, projet de formation mal calibré, et une communication interne visiblement défaillante. Certains agents et proches des joueuses vont même jusqu’à accuser la direction d’avoir « bousillé la section féminine ».

Le projet formation remis en cause malgré quelques pépites

Le PSG féminin ne manque pourtant pas de talents individuels. L’arrivée cet été de Vitoria Yaya, Olga Carmona – la buteuse de la dernière finale de Coupe du Monde – ou encore de Rasheedat Ajibade illustrait une ambition de structuration à l’international. Mais ces renforts n’ont pas suffi à redresser la dynamique collective. La mayonnaise ne prend pas, accentuant les regards sceptiques sur certains paris internes comme ceux autour de Tara Elimbi Gilbert ou Thiniba Samoura, deux jeunes espoirs peu utilisés malgré leur fort potentiel.

Angelo Castellazzi défend une vision tournée vers le long terme : « Investir massivement ne garantit pas non plus des titres. Il faut de la patience, du temps et de la continuité… » (L’Équipe). Néanmoins, à l’heure où les supporters exigent des résultats, le manque de compétitivité actuelle devient une urgence à traiter par l’action.

Mercato hivernal : cap sur Kelly Gago et une internationale française

Conscient des attentes et de la pression croissante, le PSG compte s’activer dès janvier 2025. Deux recrues sont déjà dans le viseur : Kelly Gago, attaquante prometteuse de Ligue 1 féminine, et une autre joueuse offensive de l’équipe de France, dont l’identité n’a pas encore filtré. Ces profils viennent répondre à une nécessité : relancer un secteur offensif en panne, trop dépendant d’une Carmona souvent trop esseulée en attaque.

Au-delà de ces potentielles arrivées, se pose la question de la gestion humaine. Une cassure semble s’être créée entre le staff et certaines cadres du vestiaire. Si Sabrina Delannoy reste l’un des rares relais historiques du club, les tensions actuelles pourraient pousser la direction à envisager des réajustements en interne, que ce soit au niveau de la cellule de recrutement ou du management quotidien.

Un tournant décisif pour la suite de la saison

Le mercato hivernal 2025 est donc bien plus qu’une opération renfort au PSG féminin : il incarne un tournant stratégique. Redonner confiance au vestiaire, réaligner les objectifs sportifs et retrouver une dynamique de victoire sont essentiels pour espérer finir la saison européenne sur une note positive, même hors Ligue des champions. À moyen terme, l’enjeu est clair : ne pas perdre la crédibilité construite au fil des saisons précédentes et éviter que la concurrence (Lyon, Paris FC, Bordeaux) ne creuse un écart structurel désormais inquiétant.

Face à la crise, l’urgence est de répondre par des actes forts. La balle est désormais dans le camp de la direction.

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