Trophée des Champions 2026 : PSG – OM en terrain neutre et polémique lunaire au Koweït

Photo of author

par Maxime Nauzit

À cinq jours du Trophée des Champions 2026 opposant le Paris Saint-Germain à l’Olympique de Marseille, la délocalisation du match au Koweït fait grincer des dents. Entre satire des supporters et frustration des entraîneurs, ce choix ravive les tensions entre logique sportive et stratégie marketing. Décryptage.

Un choc PSG – OM… à plus de 4 000 kilomètres du Vélodrome ou du Parc

Pour cette édition 2026, la Ligue de Football Professionnel a tranché en faveur d’un nouveau voyage à l’étranger pour son Trophée des Champions. Cette fois-ci, cap sur le Koweït, où le Paris Saint-Germain tentera de remporter un nouveau titre face à son éternel rival marseillais. Un choix dans la lignée d’une stratégie engagée depuis plus d’une décennie par la LFP pour promouvoir la « Ligue 1 à l’international », dans l’espoir de gagner en visibilité et d’attirer de nouveaux investisseurs et diffuseurs à l’étranger.

Mais cette politique soulève toujours autant d’interrogations – et parfois d’oppositions fermes. Sur le plan sportif d’abord : il est compliqué d’imaginer un choc aussi symbolique et électrique que PSG – OM perdre son ancrage local au nom d’enjeux économiques. Sur le plan logistique ensuite, les supporters parisiens doivent s’acquitter de 800 euros pour un package complet afin de suivre leur équipe. Quant aux Ultras marseillais, ils ont simplement décidé de boycotter la rencontre, estimant que ce type de match devrait se jouer « devant leurs supporters ».

Le boycott marseillais et le coup de gueule de Roberto De Zerbi

Les South Winners, groupe emblématique des supporters de l’OM, ne se sont pas contentés de rester à Marseille : ils ont décidé de livrer un message fort. Lors du match face à Nantes, une banderole affichait : « Trophée des Champions 2026 au Koweït. Pour 2027 sur la lune ? ». Le ton est donné. Outre leur absence programmée, ils dénoncent une erreur stratégique de la part de la LFP et ironisent amèrement sur les futures localisations possibles.

Du côté du banc marseillais, leur entraîneur, Roberto De Zerbi, a lui aussi exprimé son malaise. Face à la presse, il a déclaré : « La Supercoupe de France… doit se jouer dans le pays en question, devant les supporters des clubs. Mais j’irai au Koweït, car c’est mon travail et on est fiers de disputer ce match. » (source : conférence de presse OM, 4 janvier 2026). Une déclaration mesurée, mais sans ambiguïté sur son désaccord de fond.

Le PSG entre ambition internationale et frustration locale

Chez les Rouge et Bleu, cette délocalisation passe moins mal… mais elle n’enchante pas non plus. Le club francilien, véritable tête de pont du rayonnement international de la Ligue 1, est habitué à ces rendez-vous internationaux. Avec des sponsors venus du Qatar, du Japon ou encore des États-Unis, le PSG joue sa partition mondiale depuis longtemps. Mais cette fois, même du côté des joueurs, on ressent un décalage.

Sans Kylian Mbappé – désormais au Real Madrid – le PSG mise sur sa profondeur de banc pour briller au Koweït : Bernardo Silva, Gonçalo Ramos ou encore le nouveau phénomène Xavi Simons (de retour de prêt) auront à cœur de battre l’OM pour offrir un premier titre de la saison à Luis Enrique.

Reste la question de l’ambiance. Sans les supporters marseillais, dans un stade qui ne vibrera ni pour l’un ni pour l’autre, ce Classique version export pourrait bien manquer d’âme. Pourtant, les enjeux ne sont pas anodins : relancer une dynamique pour le PSG après des résultats en dents de scie en Ligue 1, ou redonner confiance à une formation olympienne à la lutte pour le podium.

Une Supercoupe toujours plus globalisée… au risque d’y perdre son identité

Pour la LFP, le calcul est simple : accroître l’exposition du foot français au-delà des frontières européennes. Et avec un PSG – OM sous projecteurs, le ticket d’entrée est tentant. Le diffuseur qatari beIN SPORTS, partenaire majeur de la ligue, y trouve aussi son compte. Mais cette logique d’hyper globalisation pose une question fondamentale : à vouloir fabriquer un spectacle déconnecté de ses racines, ne risque-t-on pas de perdre ce qui fait l’essence du football ?

En attendant, le 8 janvier 2026, à 19h (heure française), PSG et OM s’affronteront au Koweït. Un Classique au goût exotique, mais dont la portée footballistique – sur le terrain comme dans les tribunes – sera scrutée de près.

Laisser un commentaire