Depuis son arrivée dans la capitale, Matvey Safonov n’en finit plus de surprendre. Devancé à son arrivée par Lucas Chevalier dans la hiérarchie des gardiens du Paris Saint-Germain, l’ancien portier de Krasnodar a patiemment fait son trou. Aujourd’hui, en ce début 2025, il s’impose comme un élément déterminant dans l’effectif de Luis Enrique. Mais qu’est-ce qui fait de Safonov un atout de poids pour le PSG cette saison ? Plongée dans une montée en puissance aussi silencieuse qu’éloquente.
Une hiérarchie bouleversée dans les cages
Dès sa signature, Lucas Chevalier apparaissait comme un choix pérenne : jeune, talentueux et expérimenté en Ligue 1 avec le LOSC. Le PSG voyait en lui un gardien d’avenir, un successeur naturel dans la tradition des grandes maisons. Mais voilà : à mesure que les matchs s’enchaînent, c’est bien Matvey Safonov qui s’est imposé comme le maillon fort de la défense parisienne.
Le match à Strasbourg en Ligue 1, en début d’année, a marqué un tournant. Le Russe y a stoppé un penalty décisif, un geste qui a définitivement gagné la confiance de son entraîneur. En conférence de presse, Luis Enrique n’a pas caché son admiration : « Je crois que c’est le meilleur gardien que j’ai eu dans ma carrière pour stopper les pénaltys » (source : conférence de presse officielle PSG TV).
Un éloge important, surtout quand on considère que le technicien espagnol a entraîné Ter Stegen, Claudio Bravo ou encore Unai Simón.
L’atout psychologique de Safonov sur penalty
Au-delà de ses capacités physiques évidentes – réflexes vifs, envergure impressionnante, qualité de relance – c’est surtout sur l’aspect mental que Safonov fait la différence. Luis Enrique l’a lui-même souligné : « Il a une capacité à deviner le côté que va choisir le tireur. »
Ce que le coach évoque ici, c’est une lecture du jeu, une anticipation rare. Sur penalty, où chaque seconde compte, cette capacité à lire les intentions adverses est une arme redoutable. Et cette spécificité permet à Safonov de faire pencher les matchs en faveur des siens, là où d’autres se contentent de réagir.
De la Ligue 1 à la Ligue des Champions – où la moindre erreur peut coûter cher – cette qualité est précieuse. Un penalty stoppé, c’est potentiellement une égalisation évitée, une victoire consolidée ou une qualification arrachée. Quand on vise tous les titres, ce genre de détail devient déterminant. Et dans une équipe où la marge d’erreur est infime, c’est une force inestimable.
Chevalier sous pression, Paris dans une logique de performance
Pour Lucas Chevalier, la pression est désormais bien réelle. L’ancien Lillois devait incarner la stabilité, il doit aujourd’hui lutter pour ne pas sombrer dans l’ombre. Le PSG fonctionne sur un principe clair sous Luis Enrique : performances avant statuts. Et sur ce point, Safonov est intouchable en ce moment.
La rotation des gardiens n’est pas une nouveauté au PSG, mais l’émergence d’un titulaire aussi sûr dans les moments-clés redistribue les cartes. Et avec une deuxième partie de saison très chargée – Ligue 1, Ligue des Champions, Coupe de France – avoir un mur sur penalty représente un luxe que peu de grands d’Europe peuvent s’offrir.
Au sein du vestiaire, ce genre de dynamique ne passe pas inaperçu. Safonov, encore discret dans sa communication, laisse parler ses gants. Sous les projecteurs de Paris, il est en train de s’imposer non seulement comme un gardien fiable, mais surtout comme un véritable game-changer, capable de faire basculer le destin d’un match.
Le PSG pensait résoudre un problème à deux têtes. Peut-être vient-il de trouver sa réponse à long terme. En attendant, une chose est certaine : Matvey Safonov est aujourd’hui un atout numéro un dans la quête de trophées parisiens.