Interdiction surprenante : pourquoi les supporters de l’OM sont bannis de Rennes – PSG ?

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par Maxime Nauzit

Alors que le match entre le Stade Rennais et le Paris Saint-Germain, prévu ce vendredi 13 février 2025 pour la 22e journée de Ligue 1, s’annonce intense sur le terrain, c’est une décision administrative qui fait polémique en coulisses. De manière totalement inattendue, la Préfecture d’Ille-et-Vilaine a publié un arrêté interdisant la présence des supporters de l’Olympique de Marseille au sein et aux abords du Roazhon Park. Problème :… l’OM ne joue même pas ce jour-là !

Un arrêté qui surprend : l’OM visé sans être invité

Il ne s’agit pas d’une coquille lors de la rédaction de l’arrêté préfectoral. Officiellement, les autorités indiquent que des groupes de fans marseillais auraient été signalés dans la région Bretagne, prêts à en découdre avec leurs homologues parisiens à l’occasion du match Rennes – PSG. Une tension exacerbée par le contexte : une semaine auparavant, l’OM concédait une défaite 5-0 face au PSG au Parc des Princes. Cet événement a ravivé les tensions entre les deux camps de supporters, malgré l’absence du club phocéen ce week-end-là.

Dans cette optique, la préfecture a pris les devants en interdisant non seulement la présence physique des supporters marseillais dans la zone du match (de 15h à 19h), mais aussi tout signe d’appartenance visuelle au club, comme les maillots, écharpes ou drapeaux, aux alentours du stade rennais. Une logique préventive justifiée, selon les autorités, par le risque de troubles à l’ordre public.

Libertés individuelles ou sécurité collective : un équilibre en débat

Cette décision administrative n’a pas tardé à faire grincer des dents. De nombreuses associations de supporters et défenseurs des libertés individuelles dénoncent une mesure jugée arbitraire, voire discriminatoire. « Empêcher des gens d’assister à un match qui ne concerne même pas leur équipe, c’est absurde », déplore l’association National Supporters dans un communiqué relayé par L’Équipe.

En effet, alors qu’aucune infraction concrète n’a été constatée en amont de la rencontre et que l’OM n’est pas concerné sportivement, cette décision apparaît pour beaucoup comme une forme de stigmatisation. Elle soulève aussi une autre problématique majeure : jusqu’où peut-on aller, au nom de la sécurité, pour interdire l’accès d’un match à des personnes en raison de leur appartenance à un autre club ?

PSG – OM : une rivalité qui dépasse le sport

Historiquement, les rencontres entre Paris et Marseille dépassent le simple cadre du jeu. Mais désormais, cette rivalité alimente une surenchère sécuritaire de plus en plus fréquente dans les stades français. Ce nouveau cas illustre une tendance inquiétante : la multiplication des arrêtés préfectoraux même en dehors des Classiques, sur fond de tensions latentes entre les groupes d’ultras.

Pour le PSG, cette décision à première vue périphérique souligne indirectement l’impact qu’il continue d’avoir sur le football hexagonal, même lorsqu’il n’affronte pas son éternel rival. Elle questionne également la relation complexe entre sécurité publique et ambiance en tribunes, les supporters étant de plus en plus souvent pris dans un étau réglementaire limitant les déplacements et l’expression visuelle.

Quel avenir pour les déplacements de supporters ?

Ce nouvel épisode relance donc le débat sur les politiques sécuritaires autour des matchs – et notamment la stratégie actuelle de nombreux préfets, qui préfèrent l’interdiction préventive au dialogue et à la gestion de terrain. Or, plusieurs acteurs du football français, dont la LFP, militent désormais pour des approches plus concertées, afin de permettre une présence encadrée, mais autorisée, des supporters extérieurs.

Pour les fans comme pour les suiveurs du PSG, une chose est claire : ces décisions arbitraires, parfois contre-productives, interrogent sur l’environnement que la France veut offrir autour de ses plus belles affiches. La passion est au cœur de ce sport, mais la passion ne rime pas toujours avec exclusion.

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