Le football français a connu un nouveau tremblement de terre : Roberto De Zerbi n’est plus l’entraîneur de l’Olympique de Marseille. Parti avec fracas après un humiliant 5-0 au Parc des Princes face au PSG, l’Italien s’invite malgré lui dans les annales du club phocéen. Au cœur de l’instabilité chronique marseillaise, ce départ soulève des questions cruciales sur la gouvernance du club, et offre un contraste saisissant avec la planification stratégique qu’opère aujourd’hui le Paris Saint-Germain. Analyse.
Un record de victoires qui ne suffit pas
Avec un taux de victoires de 57 % en compétitions officielles, Roberto De Zerbi quitte l’OM avec le meilleur ratio de l’ère moderne du club (source : Stats du Foot). Il surpasse ainsi des noms prestigieux comme Igor Tudor (56 %), Jorge Sampaoli (54 %), Marcelo Bielsa (51 %) ou encore Didier Deschamps (50 %). Un rendement brute impressionnant qui, dans un autre contexte, aurait pu poser les bases d’un projet durable. Mais à Marseille, le court-termisme est une norme. Et cette logique broie encore un technicien prometteur.
Ce n’est pas seulement la fin du cycle De Zerbi, c’est un énième chapitre dans une saga d’instabilité. Depuis le début du 21e siècle, l’OM a connu 32 changements d’entraîneur en Ligue 1, intérimaires inclus. C’est tout simplement un record national. Sous la présidence de Pablo Longoria, cette tendance s’est accentuée : aucun coach n’est parvenu à boucler deux saisons entières d’affilée.
Un Classique à double tranchant
La claque reçue au Parc des Princes (5-0) restera le dernier acte de l’Italien sur le banc olympien. Un symbole fort. Ce revers est la plus lourde défaite concédée par un entraîneur marseillais lors de son dernier match officiel depuis 1997 (8-0 contre l’OL sous Gérard Gili). Paradoxalement, ce Classique marque également une césure claire entre les deux plus grands clubs français.
Alors que le Paris Saint-Germain a enclenché en 2025 une nouvelle phase de développement, misant sur la stabilité autour de Luis Enrique et l’émergence de talents comme Xavi Simons ou Warren Zaïre-Emery, l’OM reste prisonnier d’un modèle basé sur l’urgence et le remplacement constant. La démission de De Zerbi suite à cette défaite renforce la perception d’un club performant sur le court terme, mais incapable de construire dans la durée.
Ironie mordante : la défaite face au PSG n’a pas eu lieu dans un contexte de crise sportive. À la 21e journée de Ligue 1, Marseille était 4e du classement, dans les clous pour la course à la Ligue des Champions – une position comparable aux départs d’Élie Baup (2013/14) et Marcelino (2023/24). Institutionnellement fragile, sportivement compétitif : une formule qui résume bien le paradoxe marseillais… et qui tranche avec la vision désormais claire du PSG.
Conséquences pour le PSG : une concurrence en berne
Côté parisien, le départ de De Zerbi représente un nouvel affaiblissement potentiel d’un concurrent direct. Si Marseille reste théoriquement en lice pour les places européennes, l’absence de stabilité sur le banc minimise fortement leur poids dans la bataille à long terme. Pour le PSG, toujours lancé dans sa quête de Champions League et de suprématie nationale, le désordre phocéen est presque devenu un paramètre de confort.
Alors que Luis Enrique peut enfin travailler avec un effectif cohérent, recentré sur un collectif fort après le départ de Kylian Mbappé au Real Madrid, les opposants directs multiplient les réorganisations. Cela offre au PSG une fenêtre inégalée pour asseoir son autorité en Ligue 1… tout en préparant sereinement ses échéances européennes.