Le Paris Saint-Germain est aujourd’hui l’un des clubs les plus scrutés d’Europe, tant pour ses mouvements de superstars que pour les choix stratégiques de son centre de formation. Mais parfois, c’est ce que le club ne fait pas qui attire les regards. Et dans le cas de Jérémy Jacquet, récemment transféré à Liverpool pour 70 millions d’euros, les regrets parisiens ont un goût amer. Le défenseur central aurait pu rejoindre Paris gratuitement à l’âge de 11 ans. Retour sur un non-choix qui pourrait hanter les couloirs du Camp des Loges…
Une pépite boudée au profit d’un autre espoir
En 2014, dans les travées du Stade Charles Sage à Joinville-le-Pont, un jeune natif de Bondy intrigue les observateurs par ses qualités athlétiques, sa relance claire et sa lecture du jeu déjà prometteuse. Jérémy Jacquet n’est pas encore un phénomène, mais le potentiel est là. Pourtant, le PSG – prioritaire sur les talents franciliens – décide de ne pas le retenir. À la place, la cellule de recrutement donne sa préférence à Sékou Doucouré, son coéquipier au profil plus précoce.
Contacté par Le Parisien, un recruteur anonyme de l’époque explique : « On cherchait un profil déjà mature, capable de répondre aux exigences offensives de notre modèle de jeu. Jacquet semblait fragile, encore en construction. »
Dix ans plus tard, ce choix stratégique résonne comme une erreur monumentale. Doucouré, sans remettre en cause ses qualités, n’a pas percé au plus haut niveau. Jacquet, lui, est devenu international tricolore U21, pilier défenseur du Stade Rennais puis en route vers la Premier League avec Liverpool.
Une ascension bâtie sur la patience et le travail
Le parcours de Jacquet tranche avec celui d’un talent surmédiatisé. Après sa formation à Rennes, il explose en prêt à Clermont (saison 2023-2024), où ses performances attirent les premières grosses convoitises. Solide en un contre un, visionnaire à la relance, dominant dans les airs : il coche toutes les cases du défenseur moderne. Après trois saisons complètes en Ligue 1, il était prêt pour le grand saut.
Liverpool n’a pas hésité longtemps devant une telle maturité. L’affaire conclue cet été (source : communiqué de Liverpool FC, juin 2025) révèle une somme de 70 millions d’euros, bonus inclus. Rendement sportif et perspective de plus-value expliquent un chèque aussi conséquent.
Et Paris ? Spectateur impuissant d’un joyau local passé entre les mailles du filet. Là où l’attaque a monopolisé les regards – notamment durant l’ère post-Mbappé – la défense centrale n’a pas toujours été la priorité. Et ce genre de dossier oublié devient un cas d’école sur les manquements d’un grand club en matière de scouting régional.
Un cas d’école pour la cellule de recrutement du PSG
« Un enfant de Bondy qui file à Liverpool après avoir battu la porte de Paris, c’est symptomatique », confiait récemment un ancien formateur du PSG à RMC Sport. Difficile de lui donner tort. Ce raté est aussi révélateur de la difficulté à prédire l’explosion d’un joueur à 11 ou 12 ans – une réalité que même les plus grandes académies doivent affronter.
Le PSG, bien que performant dans de nombreux championnats jeunes, fait face à une pression de résultats immédiats. Cela influe inévitablement sur la sélection des profils. Quid de la marge de progression ? De la patience à développer les profils dits « complexes » ? Jérémy Jacquet fait partie de ces talents que Paris n’a pas vu éclore dans son cocon… faute d’avoir cru assez tôt aux vertus de la maturation.
Pour un club qui ne cache plus ses ambitions européennes assumées – objectif Liga des Champions en 2025 avec Luis Enrique – ces oublis peuvent coûter cher à terme, en valeur sportive comme en manque à gagner financier. Jacquet n’est qu’un exemple parmi d’autres. Mais il est frappant. Parce qu’il était à portée. Et surtout parce qu’il incarne ce que le PSG recherche désespérément : un défenseur central fiable, moderne, formé localement.