Énième rebondissement dans les coulisses du PSG, mais cette fois, il ne s’agit ni de mercato, ni de résultats sportifs. Ce jeudi, c’est dans une salle feutrée du tribunal des prud’hommes de Paris qu’un dossier brûlant a été exposé : celui de « Myriam », ancienne assistante personnelle de Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et dirigeant de BeIN Sports. L’occasion d’un retour saisissant sur des années de travail décrites comme « harassantes » et ponctuées d’accusations lourdes, allant jusqu’au harcèlement moral.
Un rôle central et une charge de travail hors-norme
Embauchée comme assistante de direction, Myriam (prénom modifié par Le Parisien) gravite rapidement dans les hautes sphères du groupe, jusqu’à se retrouver à travailler directement pour Nasser Al-Khelaïfi. De la gestion d’agendas complexes aux déplacements internationaux, en passant par la coordination entre les antennes de Doha, Londres et Los Angeles, cette salariée semble avoir assumé un rôle clé dans l’organisation du dirigeant qatarien. Un dévouement sans relâche, qu’elle décrit elle-même comme étant porté par la passion de son métier : « J’étais dévouée corps et âme, j’aimais mon travail », a-t-elle déclaré à la barre.
Mais cette flamme professionnelle cache une réalité bien plus rude. L’avocat de la plaignante, Me Grégory Lévy, dépeint une spirale infernale de surmenage : « Elle faisait le travail de quatre personnes », allant jusqu’à comptabiliser 1 900 heures supplémentaires en 2021. Difficile à ignorer, d’autant que des preuves matérielles — échanges WhatsApp, mails — ont été versées au dossier.
Un contexte de maternité aggravant et des accusations de harcèlement
L’affaire prend une tournure encore plus sensible avec un épisode humainement bouleversant. En 2018, lors de sa grossesse, Myriam continue de travailler jusqu’à une semaine de son terme. À son retour, elle affirme avoir découvert un mot sur son bureau : « No more babies ». Une phrase glaçante qui, selon ses dires, a marqué un tournant irréversible. Elle indique ne pas avoir pu avoir d’autre enfant depuis. Ces éléments ont été formellement contestés par la défense.
À la suite de cet épisode, l’état de santé de Myriam se détériore. En 2020, elle est mise en arrêt maladie pour dépression et surmenage. Et lors de son retour en 2022, la situation semble empirer : plus de véritable poste, plus de responsabilités. Me Lévy parle de rétrogradation abusive, pointant une forme de harcèlement moral. D’après ses propos, sa cliente s’est même vue confier l’organisation… de la loterie du club parisien et de petits-déjeuners internes. Autant dire une descente brutale en gamme pour celle qui organisait quelques mois plus tôt les déplacements internationaux de Nasser Al-Khelaïfi.
En face, l’avocat de BeIN Sports, Me Charles Mathieu, réfute l’intégralité des accusations, évoquant des « demandes astronomiques sans justificatif » et rappelant que les dirigeants du PSG sont « des gens qui se comportent bien ».
Quel impact pour le PSG ?
Si cette affaire ne concerne pas directement la gestion sportive du PSG, elle intervient dans un moment charnière pour le club. Entre la fin de l’ère Mbappé et la reconstruction d’un projet plus collectif sous la houlette de Luis Enrique, chaque polémique périphérique peut avoir une résonance médiatique forte, entachant l’image du club. Al-Khelaïfi, déjà très médiatique en tant que président de l’ECA et figure de proue du foot européen, voit à travers cette affaire son leadership exposé d’une manière très différente.
Il faudra attendre juillet pour connaître le verdict des prud’hommes. Mais d’ici là, cette affaire vient poser une nouvelle couche d’opacité sur la gouvernance du Qatar dans le football européen, tout en rappelant que derrière les vitrines dorées des grands clubs se cachent parfois des réalités bien plus complexes.