Le dernier Classique PSG – OM, s’il a électrisé l’ambiance du Parc des Princes, a aussi déclenché une vive polémique. Au cœur de la tempête : Véronique Rabiot. Loin de rester silencieuse face aux insultes visant son fils Adrien, l’ex-parisien désormais à la Juventus, la mère et agente du joueur a lancé une pétition pour dénoncer la banalisation de la violence verbale dans les stades. Mais sa tentative de mobilisation a viré à l’échec retentissant.
Un flop numérique : moins de 6000 signatures
Dans l’émission « Apolline Matin » sur RMC ce vendredi 4 avril, Véronique Rabiot a exprimé son incompréhension et sa surprise. Sa pétition, publiée sur la plateforme Mes Opinions, n’a pas dépassé la barre symbolique des 6000 signataires. Pour rappel, le Parc des Princes accueille entre 60 000 et 70 000 spectateurs par match : une goutte d’eau dans un océan de passion footballistique. « Je suis très très surprise », a-t-elle confié (source : RMC), regrettant un écho quasi inexistant malgré la gravité des propos entendus dans les tribunes pendant le match face à Marseille.
Cette initiative visait à pointer du doigt les chants et banderoles injurieuses, certains visant directement Adrien Rabiot, qui a quitté le PSG en 2019 suite à une relation tumultueuse avec le club. Si les tensions entre supporters et joueurs sont monnaie courante, la cible élargie aux familles devient plus problématique, notamment pour un public familial qui déserte peu à peu les tribunes. « Des gens ne veulent plus aller au stade avec leurs enfants », a souligné Véronique Rabiot, scandalisée par le manque de soutien à sa démarche.
Des sanctions jugées trop légères
Au-delà du flop de la pétition, c’est l’attitude générale du monde du football – dirigeants, politiques, institutions – qui a été dans le viseur de Madame Rabiot. Elle s’indigne de l’impassibilité des officiels présents en tribune VIP lors du Classique PSG – OM. « Personne n’a bronché », a-t-elle déploré, visant des personnalités telles que Vincent Labrune, président de la LFP, et même certaines autorités politiques.
En ligne de mire : la commission de discipline de la LFP, qui, selon elle, a manqué de fermeté. Les sanctions infligées au PSG pour cet épisode – en marge de celui du comportement des ultras montpelliérains ou stéphanois dans d’autres contextes similaires – n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu selon elle. « Ce n’est pas dissuasif », regrette-t-elle, appelant à des peines plus exemplaires et à une implication renforcée des institutions sportives et politiques dans la lutte contre les violences verbales dans les enceintes sportives.
Véronique Rabiot a adressé un message direct à Marie Barsacq, Ministre des Sports, espérant que cette dernière s’empare du sujet. Mais en attendant, c’est bel et bien l’indifférence qui domine. Un comble dans un milieu, celui du football français, en quête permanente d’une image plus familiale et inclusive. Le contraste est fort : alors que la LFP promeut régulièrement des campagnes contre toutes les formes de discriminations, la réalité dans certaines tribunes reste brutale et peu encadrée.
Ce recul interroge aussi sur l’évolution des comportements des supporters au Parc des Princes depuis le retour des groupes de supporters ultras après plusieurs années d’interdiction. Entre ferveur légitime et débordements récurrents, le club parisien marche sur un fil. Cette pétition avortée soulève donc une question cruciale : celle de la responsabilité collective – fans, clubs, dirigeants – pour offrir un environnement respectueux à tous.
En définitive, l’échec de cette pétition met à nu un malaise plus profond sur le traitement des familles de joueurs et la culture des tribunes en Ligue 1. Le PSG, bien que non directement responsable des mots prononcés, se retrouve à nouveau interpellé sur sa gestion de l’ambiance au Parc. Faut-il aller plus loin dans le contrôle des messages dans les tribunes ? La LFP est-elle trop complaisante ? Le débat est relancé, même s’il n’a pas pris l’ampleur espérée par Véronique Rabiot.