Polémique OL-PSG : Wahbi Khazri recadre Tolisso et défend l’arbitrage

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par Maxime Nauzit

Après le choc tendu entre l’OL et le PSG au Groupama Stadium, le débat sur l’arbitrage a rapidement pris le dessus. Si Corentin Tolisso a vertement critiqué l’arbitre Benoît Bastien après la rencontre, Wahbi Khazri a pris le contrepied de cette position sur le plateau du Late Football Club (Canal+), estimant que ces déclarations ne faisaient que détourner l’attention.

Khazri : « Taper sur l’arbitre, ça envoie la poussière ailleurs »

Présent sur le plateau du Late Football Club dimanche soir, Wahbi Khazri a livré un avis tranché sur les critiques formulées par Corentin Tolisso. L’ancien international tunisien n’a pas mâché ses mots : « Taper sur l’arbitre, cela permet d’envoyer la poussière ailleurs. » Une réaction qui vise très clairement à recentrer le débat sur le jeu plutôt que sur des polémiques stériles.

Khazri, fort d’une carrière riche en Ligue 1 et à l’international, parle d’expérience. Il admet dans l’émission que, oui, lui aussi s’est montré virulent envers les arbitres par le passé. Mais il se positionne aujourd’hui dans une réflexion plus mature : « La vidéo de Tolisso est inutile, elle ne fera pas avancer les choses » (source : Canal+ Foot, 10 novembre 2025).

Un débat qui soulève des enjeux de fond en Ligue 1

La déclaration de Corentin Tolisso, publiée sur son compte Instagram après la rencontre face au PSG (victoire 3-1 des Parisiens), avait des accents de ras-le-bol. Le capitaine lyonnais ne s’est pas seulement arrêté à critiquer l’arbitre Benoît Bastien – qu’il a directement interpellé en déclarant : « En toute honnêteté vous n’êtes pas au niveau » – mais est allé plus loin en proposant une refonte du dialogue entre clubs et corps arbitral.

« J’ai envie de réunir tous les capitaines, les arbitres et leurs supérieurs pour pouvoir échanger. » Ce projet de communication accrue dans le football français a le mérite d’exister, mais il ne fait pas l’unanimité. Pour Khazri, ce genre d’appel public peut être contre-productif et c’est sur le terrain que les réponses doivent être apportées.

Derrière ce désaccord se cache un vrai sujet : la place de l’arbitrage dans l’écosystème du football moderne. Même en 2025, malgré les outils technologiques comme la VAR, la perception et l’interprétation restent des critères humains. « Ce n’est pas un robot qui arbitre un match », rappelle justement Khazri.

Quel impact sur les performances du PSG ?

Le PSG, de son côté, semble bien gérer ces polémiques. Si le club est souvent au centre des attentions – favorisé selon les uns, ciblé selon les autres – les hommes de Luis Enrique ont parfaitement su tirer profit de leurs temps forts dans ce match contre l’OL.

Ce genre de controverse post-match peut toutefois transformer le climat autour d’un choc d’envergure. Le PSG, engagé dans une course très disputée en championnat, mais aussi en Ligue des champions, ne peut se permettre d’être distrait par des débats externes. La direction sportive, emmenée par Luis Campos, mise sur la stabilité et la régularité mentale du groupe pour aller chercher les titres en fin de saison.

À ce niveau, la sérénité dans la gestion des remous extra-sportifs devient presque une compétence à part entière. Les propos de Khazri viennent renforcer cette idée : la focalisation sur la performance doit primer sur les polémiques immédiates. Pour le PSG, cela signifie canaliser ses forces sur la tactique, la récupération et l’enchaînement des matchs – et non sur le bruit médiatique.

Conclusion : une occasion manquée de réformer ?

Si la démonstration collective du PSG face à une équipe lyonnaise pourtant motivée ne souffre d’aucune contestation, le débat sur l’arbitrage reste d’actualité en Ligue 1. La sortie de Tolisso, bien intentionnée sur le fond, risque d’être perçue comme une frustration post-défaite, surtout face à un adversaire aussi fort que le PSG.

Khazri, en recentrant le débat sur l’acceptation des erreurs d’arbitrage – humaines et parfois bénéfiques dans les deux sens sur une saison – demande aux joueurs d’assumer davantage, et aux clubs de regarder d’abord en interne les raisons d’un échec. Une prise de position qui mérite qu’on s’y attarde, à l’heure où le football français cherche encore la bonne formule pour apaiser les tensions récurrentes autour des arbitres.

Plus que jamais, c’est sur le terrain que les réponses doivent être données. Et à ce jeu-là, le PSG, dépourvu de Kylian Mbappé mais toujours aussi performant, a déjà pris une longueur d’avance.

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